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Polémique autour de l’inauguration d’un temple hindou en Île-de-France

L’organisation hindoue BAPS vient d’inaugurer, en région parisienne, un immense temple. La visite du gourou et de la délégation religieuse fait polémique: ils auraient refusé la présence du personnel féminin lors d'une visite de la tour Eiffel.
Paul_Henri - Pixabay

Dimanche 6 septembre, l’organisation BAPS a inauguré le plus grand temple hindou d’Europe à Bussy-Saint-Georges, à une trentaine de kilomètres de Paris. L’événement a attiré des milliers de fidèles. C’est cependant la visite de la tour Eiffel par des membres de ce mouvement spirituel qui a fait grand bruit, car le groupe aurait demandé que le personnel féminin du monument ne soit pas visible.

Un mouvement en expansion

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BAPS, acronyme de «Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha» est un nom à dominante sanskrite traduisible par «Organisation Swaminarayan (originaire) de Bochasan, fondée sur la doctrine d’Akshar et de Purushottam». Une formulation qui renvoie à une théologie précise: son fondateur Swaminarayan (1781-1830) serait le dieu suprême, créateur et maître de l’univers, tandis qu’Akshar serait une réalité spirituelle éternelle distincte de Dieu qui se manifeste via le gourou, actuellement Mahant Swami Maharaj, 93 ans. Ce dernier serait l’intermédiaire entre les âmes et la divinité.

Contestée par les courants hindous traditionnels à cause, entre autres, de la déification de son fondateur et par là, le rabaissement des dieux hindous, l’organisation érige de plus en plus de temples, ou «mandirs», un peu partout dans le monde. Situé au cœur de l’Esplanade des Religions et des Cultures de Bussy-Saint-Georges, un site qui rassemble plusieurs édifices cultuels, le nouveau monument a coûté «plusieurs dizaines de millions d’euros» et «10’000 blocs de pierre ont été amenés d’Inde, sculptés par des tailleurs de pierre indiens et assemblés par des ingénieurs français», selon Jenish Parekh, chargé des relations presse, relayé par TV5 Monde le 6 septembre.

7000 fidèles sous un chapiteau

7000 hommes, femmes et enfants ont assisté à la cérémonie de consécration retransmise en direct dans un chapiteau placé près du temple, en début de matinée. Aucun journaliste n’était autorisé à s’approcher durant la cérémonie. Seuls le gourou, des moines et d’autres hommes étaient présents pour procéder à l’inauguration en elle-même. Le Premier ministre indien Narendra Modi, nationaliste hindou, a adressé une allocution aux fidèles par visioconférence.

«Notre gourou a effectué la cérémonie de consécration: nous croyons que quand la vie entre dans les statues, elles deviennent des murtis, des représentations de Dieu», a expliqué Karuna Patel, une fidèle chargée d’expliquer le sens de cette cérémonie à l’AFP. En fin de matinée, les adeptes ont pu rejoindre le temple où ils ont prié devant des statues de divinités et devant le portrait du gourou. Celui-ci tient les rênes de 1300 mandirs et est à la tête d’un million de fidèles à travers le monde.

Polémique

La polémique s’est déclenchée autour d’une volonté particulière de la délégation, lors de sa visite de la tour Eiffel, la veille de l’inauguration. L’organisation, dont les prêtres ont interdiction de côtoyer les femmes et dont certaines cérémonies ne sont pas mixtes, aurait demandé que le personnel féminin du monument soit mis à l’écart. Une exigence qui a conduit à une grève du personnel. Le BAPS s’est excusé, mais a cependant contesté sur X, le 7 septembre, cette version des faits. 

L’organisation, qui se dit «profondément attachée aux valeurs universelles de respect mutuel et de service aux autres» affirme qu’à sa connaissance, «à aucun moment l’accès à la tour Eiffel n’a été refusé à qui que ce soit.»

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