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Un café ouvert durant le Shabbat provoque des tensions à Jérusalem

© DR - Wikimedia Commons / Le café a ouvert ses portes non loin de la rue Agripas, dans le centre de Jérusalem
Depuis trois samedis, des juifs ultra-orthodoxes harcèlent les clients d’un café récemment ouvert à Jérusalem, car il ne ferme pas le jour du Shabbat.

Ouvert à la mi-juin dans le centre de Jérusalem, le café Basimta rencontre l’opposition de juifs ultra-orthodoxes – ou «haredim». Pour la troisième fois consécutive, ils s’en sont pris à l’établissement ainsi qu’à ses clients, le week-end dernier, obligeant la police à intervenir, informe Times of Israel dans un article du 19 juillet.

L’observation stricte du Shabbat divise la société israélienne, tandis que l’importance numérique grandissante des haredim à Jérusalem est mal perçue par les juifs laïcs. Les premiers considèrent que le travail le jour du Shabbat est une offense à l’identité de Jérusalem et à Dieu et enjoignent les seconds à suivre leurs principes. Devant le café Basimta, les manifestants haredim scandent: «Cessez de détruire Jérusalem», tandis que les clients font la queue. Nombreux sont ceux qui sont là pour soutenir l’établissement et ses gérants.

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La protection policière et le soutien des élus

Débordée lors des précédentes manifestations, la police était mieux préparée lors du dernier Shabbat, du vendredi au samedi soir. Les forces de l’ordre avaient disposé des barrières pour bloquer l’accès des opposants au café.

Sur place, le maire adjoint de Jérusalem, Adir Schwartz, a accusé les haredim, devant les journalistes, de vouloir «terroriser les propriétaires de commerces et la population de Jérusalem, simplement parce qu’ils [ont] décidé d’ouvrir le café le jour de Shabbat». Qualifiant les ultra-orthodoxes de «poignée d’extrémistes», Adir Schwartz a ajouté qu’ils ne pourraient pas dicter leur conduite aux habitants de Jérusalem.

«Enrôlez-vous!»

De son côté, Yossi Havilio, un autre adjoint au maire, estime que l’affaire ne concerne pas seulement ce café et qu’il faut maintenir les lieux de loisirs ouverts pour garder la jeunesse laïque dans la ville, rapporte Isra.j dans un article du 4 juillet, paru après les premières manifestations: «Le public laïc de Jérusalem est lésé et doit se battre pour ses droits», a-t-il déclaré, appelant également les forces de l’ordre à garantir la sécurité de l’établissement. Le maire, Moshe Leon, avait auparavant souligné que «Jérusalem est une ville diverse où vivent ensemble des habitants de toutes les communautés», relaye aussi Isra.j.

Face au harcèlement, des Israéliens répondent aux haredim: «Enrôlez-vous!» Le service militaire obligatoire, que de nombreux ultra-orthodoxes cherchent à éviter, est un sujet de tension dans un pays en conflit quasi-perpétuel. Soumis à cette obligation, en théorie, depuis 2024, ils représenteraient 80% des réfractaires, selon le général Shay Tayeb, relayé par Times of Israel en début d’année.

Un café lié aux « Juifs pour Jésus »

L’hostilité envers le commerce et surtout sa gestion serait également due à la confession de ses propriétaires. Selon un article du 5 juillet d’Israel National News, le café appartient à la société Ariel 23, qui partage ses bureaux à Tel-Aviv avec l’association Juifs pour Jésus Israël. L’information aurait été obtenue par des membres de l’organisation anti-missionnaire Or LeAchim qui se seraient fait passer pour des journalistes d’un quotidien new-yorkais auprès de Yoel Ben-David, propriétaire du café et pasteur juif messianique. Or LeAchim accuse les propriétaires d’avoir dissimulé leur affiliation au mouvement missionnaire chrétien et de faire du prosélytisme.

Dénonçant un enregistrement qu’il juge malhonnête, Yoel Ben-David accuse de son côté Or LeAchim de contourner le sujet: «Il est déjà connu que nous exploitons des cafés comme le Café Nachmani à Tel-Aviv, dont les liens avec la foi messianique ont été largement rapportés. Les manifestants ne sont pas venus parce que nous sommes messianiques, mais parce que nous sommes ouverts le jour du Shabbat.» Il met en garde contre les risques que font peser ces accusations sur le café et ses clients: «Toute tentative de déplacer le débat vers ma foi ou les convictions de notre association ne contribuera pas à apaiser la situation et pourrait même encourager de graves violences de la part d’extrémistes.»

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