Skip to content

L’Eglise sud-coréenne Shincheonji, visée par une plainte en France pour violences et séquestration

Les quais du métro parisien, un des lieux de recrutement du mouvement Shincheonji
© neiezhmakov / Depositphoto - Selon un article du Monde, les recruteurs de Shincheonji proposent aux jeunes dans le métro et d'autres les lieux publics des formations bibliques gratuites sur la paix et la fin du monde.
L'organisation sud-coréenne Shincheonji fait l'objet d'une plainte en France pour violences volontaires et séquestration. Sept anciens membres dénoncent les méthodes de manipulation psychologique du mouvement.

Son nom est ignoré du grand public en France, mais connu de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). L’Eglise sud-coréenne Shincheonji est visée par une plainte devant la justice française pour violences volontaires, escroquerie ou encore séquestration, selon une information de l’AFP, relayée par Le Figaro le 30 avril.

Publicité

«Un signal d’alarme face aux dérives sectaires»

L’organisation Shincheonji Eglise de Jésus a été fondée en Corée du Sud en 1984 par le pasteur Lee Man-hee, et son nom est une combinaison de mots signifiant «Nouveau Ciel et nouvelle Terre». Ce nom mystique cache des comportements abusifs et pénalement répréhensibles, selon sept anciens membres qui ont saisi la justice. «Nous lançons aujourd’hui un signal d’alarme face aux dérives sectaires de cette organisation structurée, qui ne cesse de croître», déclarent Mes Anne Desriaux et Baptiste Bellet, leurs avocats.

Les défenseurs des anciens adeptes de «Nouveau Ciel Nouvelle Terre» parlent de «faits extrêmement graves: manipulation, exploitation de personnes vulnérables, pressions psychologiques, isolement social, captation de revenus, violences physiques et séquestration (qui) ont été infligés aux victimes». Des accusations que «réfute catégoriquement» Shincheonji France qui, par la voix de son avocat, Me Alexandre Couilliot, affirme être «actuellement la cible d’une campagne de dénigrement tant dans les médias que sur les réseaux sociaux».

Selon un article du Monde de décembre 2024 dont l’association anti-sectes Unadfi a relayé des éléments, dix-neuf signalements ont été faits auprès de la Miviludes concernant Shincheonji France la même année par des parents inquiets. Les recruteurs proposent aux jeunes dans le métro et d’autres les lieux publics des formations bibliques gratuites sur la paix et la fin du monde. Un «apprentissage qui vous coupe peu à peu de votre entourage pour vous assujettir davantage», selon une ex-adepte qui parle «d’une machine à laver les cerveaux et à vous ponctionner de l’argent». Ce n’est qu’après de trois ans qu’elle a découvert le vrai nom de l’organisation, tu aux non-initiés.

L’imperméabilité à la critique

Le site chrétien Got Questions souligne que les membres apprennent que les contre-arguments ou les critiques sont des épreuves pour leur foi. Les adeptes peuvent donc ignorer les faits, les raisonnements et les preuves contredisant les enseignements de Lee Man-hee. Ils peuvent même être dissuadés de suivre l’actualité ou d’utiliser Internet. Lee Man-hee serait le «pasteur promis», censé accomplir les prophéties de l’Apocalypse.

En 2024, le Réseau évangélique suisse (RES) avait communiqué sur les dangers du mouvement. Shincheonji revendique plus de 300’000 fidèles dans plus de 100 pays, dont un millier en France. Il compte 250 fidèles à Zurich et recrute en Suisse romande, notamment parmi les jeunes de 18 à 25 ans en quête de réponses sur la foi chrétienne et la Bible.

Thèmes liés:

Publicité