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Des évêques anglicans demandent la suspension de l’exécution de chrétiens éthiopiens

Emprisonnés et accusés de trafic de drogue, une soixantaine d’Ethiopiens doivent être exécutés en Arabie saoudite. Ceux qui sont chrétiens sont particulièrement maltraités, dénoncent des évêques anglicans qui appellent à surseoir à leur exécution.
Intérieur d'une prison
Maxppp - Wikimedia Commons (photo d'illustration)

Cinquante-huit prisonniers éthiopiens, majoritairement chrétiens orthodoxes, attendent actuellement leur exécution en Arabie saoudite. Certains d’entre eux sont condamnés pour trafic de drogue mais, selon trois évêques anglicans britanniques, «les circonstances de leur arrestation indiquent clairement que nombre d’entre eux ont été victimes de traite ou d’exploitation criminelle, contraints de transporter des marchandises à la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen sans connaître pleinement leur contenu», écrivent-ils. Dans une lettre ouverte du 24 juillet, ils appellent le prince héritier Mohammed ben Salmane à suspendre les exécutions et à «commuer leurs peines en peines d’emprisonnement, dans l’attente d’un réexamen complet et indépendant de leurs dossiers».

Condamnés pour trafic de drogue ou pour leur foi?

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Les évêques de Chelmsford, Southwark et Winchester poursuivent: «Nous ne vous écrivons pas pour faire la leçon, mais pour lancer un appel.» Le courrier est adressé en copie au ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, ainsi qu’aux ambassadeurs saoudien et éthiopien à Londres.

«Nous avons connaissance des témoignages de plusieurs de ces hommes selon lesquels, lors de leur transfert vers des audiences judiciaires, des policiers saoudiens ont découvert les croix qu’ils portaient autour du cou, les leur ont arrachées de force et les ont agressés physiquement», précisent les évêques. Ils évoquent également des cas de torture.

Les dignitaires soulignent que «l’expression ouverte de la foi chrétienne aurait été découragée, voire interdite, au sein de la prison. Les détenus auraient été sommés de ne pas afficher de symboles chrétiens ni de faire référence à leur foi devant les tribunaux. Ce traitement est profondément préoccupant», ajoutent-ils, demandant au prince de veiller au respect du «droit d’avoir, de pratiquer et d’exprimer sa foi religieuse, y compris en milieu carcéral (ce qui) est un droit fondamental reconnu par le droit international».

Déjà cinq exécutions

Cinq des prisonniers ont été exécutés le 23 juin, selon leurs codétenus, bien que les autorités saoudiennes aient assuré aux consuls éthiopiens que leurs condamnations à mort seraient réexaminées: «Les autres détenus ont indiqué que plusieurs de ces hommes avaient été informés qu’ils seraient conduits devant un tribunal […], avant d’être exécutés quelques heures plus tard», notent les évêques.

L’ONG internationale de défense des droits humains Human Rights Watch a rapporté le 28 juillet que les prisonniers n’avaient eu droit qu’à un procès de quelques minutes, sans avocat ni traducteur. Le ministère britannique des Affaires étrangères a de son côté déclaré qu’il ferait faire part de ses préoccupations à Riyad par le biais de différents canaux diplomatiques.

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