En Espagne, la Fédération évangélique conteste un projet de constitutionnalisation du droit à l’IVG
Le 7 avril, le gouvernement espagnol a validé un projet de réforme constitutionnelle intégrant un droit à l’avortement. La Fédération des entités religieuses d’Espagne (FEREDE) dénonce plutôt, dans un communiqué du 9 avril la consécration d’un «droit à la destruction de la vie humaine en formation».
La ministre à l’Egalité Ana Redondo affirme que l’inscription, dans la Constitution nationale, de ce droit permettra à chaque femme d’y recourir alors qu’actuellement, cette possibilité varie selon le lieu de résidence. L’article 43 du texte de référence stipule que «les pouvoirs publics garantissent l’exercice du droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse dans des conditions d’égalité réelle et effective, avec toutes les prestations et tous les services nécessaires à cet exercice.» Ce qui, pour les chrétiens membres de la Fédération, est déjà suffisant.
Publicité
«La conviction que la vie est un don de Dieu»
La FEREDE dénonce également une «initiative [qui] affaiblit la protection de la vie humaine en formation et qu’elle est, pour cette raison, contraire au texte constitutionnel lui-même.» Une partie de l’article 15 de la Constitution est en effet également cité dans le communiqué: «Toute personne a droit à la vie et à l’intégrité physique et morale.»
Selon la faîtière, «bien qu’il n’existe pas une position dogmatique unique et universelle dans le christianisme évangélique ou protestant concernant la question de l’avortement, nous partageons généralement la conviction que la vie est un don de Dieu et que toute vie humaine, dans sa dignité inviolable, doit être protégée du début à la fin.» L’organisation pro-vie insiste: «Faire de l’avortement un droit constitutionnel reviendrait à vider de son contenu la protection de la vie prénatale et à consacrer comme droit la destruction d’un bien constitutionnel essentiel: la vie humaine en formation.»
Défendre le droit constitutionnel à la vie et aider les femmes enceintes
Des éléments du Code civil, poursuit la FEREDE en désignant tout enfant, «[montrent] que l’ordre juridique reconnaît son existence et ses intérêts avant la naissance.» Elle invoque également la jurisprudence constitutionnelle qui, depuis 1985, établit que l’enfant à naître «est distinct de la mère, que la vie prénatale est un bien juridique d’une valeur constitutionnelle maximale protégé par l’article 15 et que la vie humaine est un processus qui commence avec la gestation et se termine avec la mort». Enfin, elle estime qu’il conviendrait de renforcer de manière effective le soutien apporté aux femmes enceintes. L’adoption du texte nécessitera une majorité qualifiée au Parlement. Le Parti populaire (opposition de droite) a annoncé qu’il rejetterait le texte.
En France, l’IVG en tant que «liberté fondamentale» a été inscrite dans la Constitution en mars 2024. «On est passé de ce qui devait être une exception à une inscription du meurtre dans la Constitution. Car avorter c’est tuer un enfant, et cet acte blesse aussi les femmes qui y ont eu recours. On doit avoir compassion de l’enfant et de la femme en détresse, y compris si elle a eu recours à l’IVG», avait alors réagi Luc Olekhnovitch, président de Commission d’éthique protestante évangélique, dans les colonnes de Christianisme Aujourd’hui. Côté helvétique, il est prévu que l’intégralité des frais liés aux avortements soient remboursée à partir de 2027. Selon le Réseau évangélique suisse, «malheureusement la prévention de grossesses précoces et précaires est lacunaire et le soutien financier des personnes vulnérables quasi nul. (…) C’est donc par là qu’il faudrait commencer.»
A lire aussi: Espagne: 308 Églises évangéliques de plus en un an