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L’Alliance évangélique mondiale fête ses 180 ans

Créée en 1846, l’Alliance évangélique mondiale célèbre cette semaine son 180e anniversaire. L’occasion de souligner les grandes étapes qui ont façonné la faîtière évangélique.
AEM - Godfrey Yogarajah: «Un groupe de chrétiens évangéliques issus de différentes dénominations et de différentes nations osa croire (...): l’Evangile est plus grand qu’une seule Eglise, qu’une seule tradition, qu’une seule nation.»

«180 ans d’unité dans la mission du Christ», affiche l’Alliance évangélique mondiale (AEM) sur la page en ligne dédiée à ses dix-huit décennies d’existence. La faîtière internationale, qui s’est dès le départ donné pour rôle d’unir les chrétiens évangéliques au-delà des frontières et des dénominations, fête cette semaine cet anniversaire.

Le 19 août 1846, entre 800 et 1000 dirigeants chrétiens, selon les estimations de l’AEM, se sont réunis à Londres pour manifester leur unité dans la foi. C’est là qu’a été plantée la semence de l’AEM, indique son site internet. L’organisation sert aujourd’hui 650 millions de chrétiens, 164 alliances évangéliques nationales et plus de cent organisations internationales.

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Une célébration en deux temps

Le 23 septembre, une célébration en ligne axée sur la prière, la reconnaissance et l’engagement a été proposée à 10h et rediffusée à 19h (UTC) pour couvrir différents fuseaux horaires. Le secrétaire général Botrus Mansour y a parlé de la tension entre l’appel à l’unité et la tendance évangélique à agir selon ses propres convictions. Pour le dimanche 27, «Journée de l’AEM», toutes les Eglises sont invitées à se rapprocher les unes des autres en organisant des prières communes et en échangeant des prédicateurs entre communautés de dénominations évangéliques différentes.

Un Évangile «plus grand qu’une seule Église»

Dans un discours retranscrit sur le site de la faîtière, le président du Conseil international Godfrey Yogarajah souligne que celle-ci est née dans un monde en mutation, entre les deux révolutions industrielles: «En 1846, lorsque nos fondateurs se réunirent à Londres, le monde était très différent. Les empires s’élevaient et s’effondraient. L’ère industrielle transformait la société humaine.» «Et pourtant», ajoute-t-il, «au milieu de tous ces bouleversements, un groupe de chrétiens évangéliques issus de différentes dénominations et de différentes nations osa croire à quelque chose de radical: l’Evangile est plus grand qu’une seule Eglise, qu’une seule tradition, qu’une seule nation.» Ces croyants «se réunirent (…) pour proclamer ensemble que Jésus-Christ est Seigneur».

La liberté religieuse, un engagement ancien

Très tôt, l’Alliance a soutenu la liberté religieuse. Elle a plaidé en 1855, avec succès, auprès du sultan ottoman Abdülmecid Ier au sujet de la peine de mort appliquée aux anciens musulmans convertis au christianisme, et a également écrit à ce sujet à Napoléon III et à la reine Victoria, avec un impact ici aussi. Un engagement par ailleurs toujours d’actualité pour l’AEM, qui a présenté le 13 juillet dernier, avec d’autres organisations chrétiennes, deux rapports d’alerte à l’ONU sur la situation des chrétiens au Soudan et en Ouganda en vue de la 54e session de l’Examen périodique universel prévue pour début 2027. En juin, l’organisation a demandé à tous les Etats d’adopter une posture d’impartialité religieuse lors d’une déclaration orale au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.

De Londres au Sud global

La mission, essentiellement centrée sur l’Europe et l’Amérique du Nord au départ, a cédé le pas dès 1951 à une vision plus universelle au moment des débuts de la décolonisation. L’élection de l’Indien I. Ben Wati à la présidence du Conseil en 1968 a amorcé la désoccidentalisation de la direction de l’AEM, qui relève en outre que certains la perçoivent encore comme une organisation trop dirigée et financée par l’Occident.

Aujourd’hui, son centre de gravité s’est déplacé vers le Sud global, ce qui fait remonter des préoccupations plus locales. Lors de son Assemblée générale à Séoul, en octobre 2025, 71% des participants venaient d’Afrique, d’Asie et d’autres régions des Suds, régions qui abritent 70% des chrétiens du monde, précise l’Alliance évangélique mondiale.

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