Opposée à la loi sur la fin de vie, Jeanne-Françoise Hutin remet ses insignes de la Légion d’honneur
Comme elle l’avait promis, un mois après la promulgation, le 18 août, de la loi sur la fin de vie qui légalise le suicide assisté et sous certaines conditions, l’euthanasie, Jeanne-Françoise Hutin a tenu son engagement le 17 septembre. Ancrée dans les valeurs du catholicisme social, la fondatrice de la Maison de l’Europe de Rennes et Haute Bretagne a rendu ses insignes de la Légion d’honneur qu’elle avait reçus des mains d’Emmanuel Macron.
C’est dans une lettre ouverte publiée par La Croix le 21 août que la présidente d’honneur de l’Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste avait sollicité auprès du président de la République «un rendez-vous dans les plus brefs délais, afin de [lui] remettre en mains propres les insignes d’officier de la Légion d’honneur qu’[il lui avait] remis en 2018». Faute d’avoir pu rencontrer le chef de l’Etat, ce geste symbolique a eu lieu devant l’Elysée où l’attendait un collaborateur du président.
Publicité
«En mon âme et conscience»
«Cette nouvelle loi sur la fin de vie met un terme à [l’] engagement de soulager toute personne en la soignant jusqu’au dernier jour: elle propose à certains la mort et non le soin… et ceci me semble très grave», déclare Jeanne-Françoise Hutin dans un communiqué relayé sur X par Erwan Le Morhedec, avocat, chroniqueur pour La Croix et bénévole en soins palliatifs.
«C’est pourquoi», poursuit-elle, «j’ai décidé en mon âme et conscience et en lien avec tous ceux qui considèrent que cette loi n’est pas une réponse adaptée aux personnes qui souffrent, j’ai décidé de poser ce geste publiquement, geste personnel qui avait à mes yeux du sens, pour essayer de faire prendre conscience de la gravité de cette évolution de notre législation.»
Une loi «fondée sur des contrevérités»
Dans sa lettre ouverte, Jeanne-Françoise Hutin écrit également que la loi sur la fin de vie est «fondée sur des contrevérités» et tend à mettre en danger la société et le vivre-ensemble. «Comparer le fait de donner la mort à un soin constitue, à mes yeux, une grave erreur, un mensonge.»
Elle conteste aussi la rationalité systématique des demandes d’aide à mourir. Un point de vue qu’elle juge «très contestable, alors que nous savons que cette demande est souvent formulée dans des moments de lassitude, de tristesse, parfois même de désespoir, mais aussi lorsque l’on se sent inutile, que l’on croit être un poids pour les autres, ou encore, bien souvent, par délicatesse».