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Portugal: l’Alliance évangélique dénonce des raccourcis médiatiques

Un pasteur condamné pour immigration illégale, puis des chrétiennes associées à un mouvement conservateur: deux affaires distinctes que l'Alliance évangélique portugaise refuse de voir amalgamées sous l'étiquette «évangélique».
Creatives Unite Newsroom - Creative Commons (photo d'illustration)

Une Eglise impliquée dans l’immigration illégale ou encore des chrétiens proches de la droite conservatrice ont braqué les projecteurs médiatiques sur l’ensemble des évangéliques portugais. L’Alliance évangélique portugaise (AEP) dénonce des raccourcis dans le traitement de ces informations.

Une affaire d’immigration illégale

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Dans un communiqué du 20 août, l’AEP a condamné les agissements d’un couple pastoral de la ville de Seixal, qui avait facilité l’entrée illégale d’immigrés au Portugal et leur a loué des logements insalubres. Zaqueu Pereira et son épouse ont été condamnés à cinq ans de prison avec sursis pour avoir logé une centaine d’immigrés clandestins dans des chambres aménagées à l’intérieur de garages, boutiques ou entrepôts, pour des loyers pouvant atteindre 400 euros par mois. Ils leur vendaient, pour la somme de 2000 euros, de faux certificats de travail en vue de leur régularisation.

L’affaire avait été révélée le 20 mars 2025 par le média SIC Notícias qui avait alors utilisé les hashtags «#évangélique» et «#église évangélique» sur les réseaux sociaux. En août suivant, le média AbrilAbril informait que les autorités enquêtaient sur plusieurs Eglises évangéliques de Seixal après avoir découvert qu’une autre mission hébergeait des immigrés clandestins.

L’Alliance, qui avait condamné ces pratiques dès le 23 mars, a tenu à réaffirmer sa distance d’avec la congrégation concernée, après la condamnation du couple, mi-août: «Ladite institution n’est pas membre de l’Alliance évangélique portugaise et les pratiques décrites ne permettraient en aucun cas son adhésion.» Elle «regrette la généralisation qu’ont fait les médias à plusieurs reprises quant au terme « évangélique », souvent hors contexte.»

Liberté politique chez les évangéliques

Par ailleurs, l’AEP réfuse l’association des termes «évangélique» et «conservateur», en faisant référence à la participation de chrétiennes au «Mouvement des Femmes Conservatrices», proche du parti de droite Chega. Le média Público, cité par la faîtière, a par exemple évoqué, dans un titre, que ce mouvement rapprochait Chega de «l’agenda évangélique brésilien». Le média avait affirmé: «Au Portugal, Chega entretient des contacts avec des communautés évangéliques, mais n’a jusqu’à présent pas adopté de stratégie politique spécifiquement destinée à cet électorat.»

En 2024, Diário de Notícias avait pour sa part publié un article concernant la venue du pasteur brésilien Silas Malafaia au Portugal pour y inaugurer sa seconde Eglise. Il avait qualifié le pays de «laboratoire» voué à mettre au point une «stratégie dominioniste» en Europe qui aurait fonctionné au Brésil avec l’élection de Jair Bolsonaro. Le média avait relayé les propos de Donizete Rodrigues, professeur de sociologie des religions: «Il ne fait aucun doute que le vote évangélique est arrivé au Portugal. Chega s’y employait déjà discrètement, bénéficiant dès le départ du soutien des évangéliques.»

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