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Finlande: la députée chrétienne Päivi Räsänen et l’évêque Juhana Pohjola condamnés par la Cour suprême

© GBNews - Capture YouTube
La Cour suprême finlandaise a condamné une députée et un évêque luthériens le 26 mars pour des propos sur l’homosexualité, dans une affaire qui fait débat sur la liberté d’expression depuis des années.

C’est un arrêt historique dans le droit finlandais quant à la liberté d’expression. Päivi Räsänen, députée luthérienne, a été condamnée le 26 mars pour «discours haineux» et «incitation à la haine» envers les personnes homosexuelles, rapporte l’ONG de défense pour la liberté d’expression des chrétiens ADF International dans un communiqué du même jour. La députée chrétienne-démocrate avait qualifié l’homosexualité de «trouble du développement», selon Reuters. La justice a imposé une amende de 1800 euros à l’ancienne ministre de l’Intérieur, tandis que l’évêque luthérien Juhana Pohjola a été condamné à une amende de 1100 euros.

Condamnation et acquittement partiel

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Päivi Räsänen était poursuivie plus précisément pour avoir critiqué le soutien de l’Eglise évangélique luthérienne de Finlande qui sponsorisait la marche des fiertés LGBT+ en 2019, rappelait Evangéliques info en avril 2024. Citant la Bible (Romains 1, 24-27), l’élue avait posté, parmi d’autres messages, sur X anciennement (Twitter): «Comment la doctrine de l’Eglise, la #bible, s’accorde-t-elle avec le fait que la honte et le péché sont évoqués comme un sujet de fierté?» Elle faisait aussi face à la justice pour avoir rédigé un livret sur les différences hommes-femmes selon la Bible, avec des propos sans équivoque sur l’homosexualité.

Au cours de l’enquête, les autorités avaient en effet découvert que Päivi Räsänen avait écrit un opuscule en 2004 intitulé Hommes et femmes, il les créa, sous-titré «Les relations homosexuelles remettent en question le concept chrétien de dignité». Le procureur avait alors décidé d’inculper également l’ancienne ministre pour ce document, ainsi que Juhana Pohjola, qui était alors rédacteur en chef de la Fondation Luther, qui l’avait publié.

Alors que le tribunal de district et la Cour d’appel avaient acquitté à l’unanimité les deux accusés de toutes les charges à deux reprises (en 2022 puis en 2023), la Cour suprême les a condamnés par trois voix contre deux pour la publication de 2004 en vertu d’une section du code pénal finlandais intitulée «crimes de guerre et crimes contre l’humanité». En revanche, la plus haute juridiction n’a pas condamné Päivi Räsänen pour ses tweets de 2019.

«Une ligne floue et dangereuse»

ADF International rapporte les propos inquiets de Päivi Räsänen: «Ce résultat envoie un message troublant et contradictoire sur l’état des libertés fondamentales en Finlande. D’une part, la Cour a affirmé qu’exprimer ses convictions – même sur des questions pouvant être considérées comme controversées – n’est pas un crime (…) D’autre part, en me condamnant pour avoir exprimé des convictions dans un autre contexte, la Cour a tracé une ligne floue et, selon moi, dangereuse. Qualifiant la décision de «choc», la députée a déclaré qu’elle saisirait la Cour européenne des droits de l’homme.

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