La Fédération protestante de France publie un document sur la transidentité
La Fédération protestante de France (FPF) vient de publier un document longuement développé concernant la transidentité et l’accueil des personnes transgenres dans les Eglises. Fruit de près de trois ans de travail par la Commission éthique et société de la faîtière, le texte n’a pas la prétention d’être normatif, mais «[d’]aider les Eglises et les unions d’Eglises à mieux appréhender une réalité à laquelle elles sont concrètement confrontées, notamment dans leurs pratiques pastorales».
L’accent sur le pluralisme protestant
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Adopté en décembre 2025 par le Conseil de la FPF, le texte précise que le protestantisme «assume pleinement le dissensus, car son unité ne repose pas sur un accord parfait qu’il faudrait élaborer, mais sur le salut reçu en Christ, unité première qu’il s’agit de reconnaitre et que [des] divergences sur une question éthique ne sauraient remettre en cause».
Le travail repose sur une méthode à la fois théorique et pratique, mêlant l’étude de littérature scientifique et théologique aux auditions de personnes trans, de parents, de pasteurs et de professionnels de santé. Le document débute par une série de cinq témoignages, puis aborde les développements sexuels atypiques (intersexuation et embryogenèse atypique) avant de se plonger dans la question centrale, celle des «incongruences de genre». Une grande partie du document est ensuite allouée à la prise en charge psychologique, médicamenteuse et les traitements chirurgicaux spécifiques aux personnes qui souhaitent changer de sexe. Les dernières parties du texte sont consacrées aux enjeux légaux, théologiques et éthiques des adaptations de genre.
Ni condamnation ni rejet
La partie conclusive consiste en des recommandations et des affirmations qui insistent sur l’unité, chacun des points commençant par un «Ensemble». Elles sont autant d’appels à pratiquer toutes les relations chrétiennes dans l’amour, et premièrement à ce que «toute personne éprouvant une incongruence de genre ne [soit] pas jugée, condamnée ou rejetée pour ce qu’elle est et ressent être». La Commission éthique et société de la FPF insiste sur la nécessité de l’accompagnement de ces personnes, mais cependant à la prudence quant aux interventions irréversibles sur un corps en bonne santé, en particulier chez les jeunes.
Le document invite à «l’accueil inconditionnel» dans les Eglises, refusant «la guerre des sexes, la guerre des sexualités et la guerre des genres» et toute forme de haine en règle générale, «contraires à l’amour chrétien». Silence, cependant, sur toute recommandation concernant «l’engagement, [les] ministères et l’accès aux sacrements», la Commission laissant aux Eglises le soin de clarifier ces points.