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Disponible, mais pas accessible: ce qui sépare des millions de chrétiens de la Bible

La Bible n'a jamais été traduite dans autant de langues. Pourtant, plus de 125 millions de chrétiens voudraient une bible et n’en ont pas. Un rapport montre pourquoi la disponibilité ne garantit pas l’accès.
Une main tient une bible en mauvais état.
godongphoto – Depositphotos

Persécution, pauvreté ou absence d’accès à Internet comptent parmi les obstacles à l’accès à la Bible dans le monde, indique un rapport publié le 1er octobre par la Bible Access Initiative, un partenariat d’œuvres bibliques et missionnaires fondé par l’ONG Portes Ouvertes et la Digital Bible Society. Le rapport, qui a évalué 106 pays, estime que l’accès à la Bible est restreint pour plus de 500 millions de chrétiens et que plus de 125 millions souhaitent une bible sans en posséder.

Imprimer, importer, posséder: trois défis

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Selon les estimations du rapport, plus de 250 millions de chrétiens font face à de sévères restrictions, imposées par l’État, par des groupes extrémistes ou par leur propre entourage. Ces entraves touchent toutes les étapes de diffusion, de l’importation des bibles à leur consultation en ligne. Dans 39 pays, imprimer ou distribuer des bibles est interdit ou sévèrement limité; dans 34, le simple fait d’en posséder est punissable.

Le rapport cite plusieurs exemples. En Érythrée, les contrôles routiers peuvent aller jusqu’à la fouille des téléphones et les contenus chrétiens publiés en ligne sont surveillés. Au Laos, une distribution publique de bibles peut donner lieu à des descentes et à des bibles brûlées. En Corée du Nord, où la possession d’une bible peut valoir l’exécution ou la détention à vie dans un camp de travail forcé, les croyants s’appuient sur «l’Écriture mémorisée».

Une bible pour une semaine de nourriture

Ces restrictions recoupent en partie les obstacles socio-économiques: plus de 550 millions de chrétiens vivent dans 33 pays confrontés à de graves difficultés de ce type, dont 15 où pauvreté et persécution s’additionnent, comme à Cuba ou en Birmanie.

En République démocratique du Congo, qui compte environ 107 millions de chrétiens, aucune loi ne restreint l’accès à la Bible; moins d’un chrétien sur trois en possède pourtant une. Dans ce très vaste pays, l’état des routes rend difficile l’approvisionnement des communautés éloignées. Le rapport cite aussi la Côte d’Ivoire, où une famille rurale peut devoir consacrer l’équivalent d’une semaine de nourriture à l’achat d’une bible. Au Burkina Faso, plus de la moitié de la population ne sait pas lire.

Entre coûts de tirage et accès à Internet

Enfin, la multiplication des traductions ne suffit pas à rendre la Bible accessible à tous: «Les versions numériques dépendent d’une connexion Internet et d’un environnement sûr, les exemplaires imprimés doivent être distribués.» D’après le rapport, plus de 400 millions de chrétiens n’ont pas accès à Internet, et 277 millions vivent dans un environnement numérique dangereux ou soumis à des restrictions. Il relève aussi que certaines petites langues disposent d’une traduction complète de la Bible depuis des décennies, mais que les éditions imprimées sont épuisées: un nouveau tirage, forcément modeste, coûterait trop cher.

Le rapport appelle les Églises, les œuvres bibliques et les réseaux de prière à prier et à agir, et appelle les organisations et les bailleurs de fonds à agir au-delà de la traduction «en rendant la distribution abordable, en améliorant les circuits d’acheminement et en favorisant une meilleure connectivité et un accès plus sûr aux Écritures».

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