La Première dame du Nigeria affirme qu’il n’y a pas de génocide de chrétiens dans son pays
«Je ne pense pas.» C’est la réponse donnée à plusieurs reprises par Olerumi Tinubu, Première dame du Nigeria, quant à la réalité d’un génocide de chrétiens dans son pays. L’épouse du président Bola Tinubu, musulman, était alors interrogée par CBN News, qui a publié ses propos le 23 février.
Les chrétiens représentent plus de 45% de la population du Nigeria majoritairement musulmane, pays qui comptait 3500 des 4850 chrétiens tués pour leur foi dans le monde, selon l’Index mondial de la persécution de l’ONG Portes Ouvertes, sur la période du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025. Soit plus de 70%.
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Une persécution, pas un génocide, selon Olerumi Tinubu
Pour Olerumi Tinubu, les causes de la violence sont le terrorisme, la pauvreté, les rapts contre rançons et l’instabilité politique à l’approche de l’élection de 2027. «Quand on a des terroristes et des gens qui kidnappent pour de l’argent, et quand le monde propage le récit d’un génocide chrétien, les terroristes vont forcément s’en emparer et commencer à attaquer les églises», affirme-t-elle. Elle-même menacée par un religieux musulman qui l’a qualifiée de «païenne», elle ajoute: «La plupart des personnes qui ont pris ma défense viennent du Nord», majoritairement musulman.
Duel de mots
Ses contradicteurs objectent que les chrétiens sont cependant visés de manière disproportionnée: assassinats, enlèvements, destructions d’églises et de terres agricoles, mariages forcés de femmes et de jeunes filles.
CBN News joint à l’article la vidéo d’un entretien réalisé en novembre dernier avec un prêtre catholique, le père George Dogo, qui, lui, emploi le mot «génocide». «On me chasse, on occupe ma terre, je ne peux pas revenir. Et si je reviens, je suis tué. Comment appelez-vous cela?»
Olerumi Tinubu salue par ailleurs le président Donald Trump pour son intervention. En novembre 2025, il avait inscrit le Nigeria sur la liste des pays «particulièrement préoccupants» en raison de la persécution qu’y subissent les chrétiens, avant de lancer des frappes en coordination avec le gouvernement nigérian le jour de Noël.
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