En Suisse, les Églises évangéliques font le point sur leurs engagements contre les abus
Le 11 septembre, une cinquantaine de représentants d’organisations évangéliques suisses se sont réunis lors d’une «conférence de redevabilité», organisée par le Réseau évangélique suisse (RES). L’objectif était d’évaluer l’efficacité des engagements pris en signant la charte «Ensemble contre les comportements transgressifs», proposée en décembre 2022 par le Réseau et immédiatement signée par 27 unions d’Églises. Il s’agissait, pour les participants, de se former pour repérer les abus spirituels et de toute autre nature perpétrés par des responsables d’Église et de partager leurs expériences, relate la Fédération romande d’Églises évangéliques (FREE) dans une publication sur son site.
Au cours de la rencontre, les participants ont assisté à une intervention par visioconférence de la psychologue, psychoclinicienne et psychanalyste française Édith Tartar Goddet sur la problématique, sur les signaux indiquant de potentiels comportements de nature spirituelle qui outrepasseraient les limites d’une conduite saine de la part d’un responsable d’Église, ainsi que sur la manière d’y réagir.
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Rendre des comptes
Durant cette matinée, les signataires de la charte ont été invités à s’exprimer quant aux résultats des engagements qu’ils ont pris en adoptant la charte il y a bientôt quatre ans. Signé, depuis lors, par 62 organisations en tout, le document stipule: «Les Églises et les organisations d’inspiration chrétienne sont des communautés de grâce. Elles sont un lieu où les personnes se sentent en sécurité et en confiance et sont protégées contre les comportements transgressifs et les agressions. Aucune transgression ni agression sexuelle n’y est tolérée.»
«Ces conférences de redevabilité et d’inspiration visent à ce que les signataires dépassent la simple signature de la charte et en assument concrètement les implications en matière de prévention et de gestion de crise lorsqu’une transgression est avérée», explique à Evangeliques.info Christian Kuhn, directeur du Réseau évangélique suisse.
Des règles de présence
«Des fédérations comme la FREE (…) ont déjà un peu de recul et peuvent partager leur expérience», ajoute t-il. «La redevabilité invite chaque signataire à partager ce qu’il a vécu au cours des 18 derniers mois et, si des situations se sont présentées, à expliquer comment il les a gérées», souligne Christian Kuhn, en précisant qu’«apprendre des expériences des autres permet d’améliorer les pratiques».
Désormais, une absence à une réunion vaut un avertissement, et une seconde absence entraîne le retrait de la liste des signataires. Le statut de participation de chaque signataire sera bientôt consultable sur le site du groupe de travail, indique la FREE. Les conférences sont bisannuelles.
Pour Christian Kuhn, cette charte s’accorde avec le passage d’Ézéchiel qui dénonce «des bergers qui profitent de leur position au lieu de protéger les personnes qui leur sont confiées, et les dirigent avec violence et dureté» (Éz. 34:1-10). «Ce passage rappelle la responsabilité des dirigeants envers les personnes dont ils ont la charge», observe le directeur du RES.