Un café juif messianique à Jérusalem renonce finalement à rester ouvert durant le Sabbat
Depuis début juillet, le café Basimta, tenu par des juifs messianiques, était devenu un symbole d’une société israélienne partagée sur l’observance stricte du Sabbat. Les pressions exercées par des juifs ultra-orthodoxes ont finalement eu raison du désir d’usage des propriétaires des lieux, qui ont choisi de le fermer du vendredi soir au samedi soir, rapporte IDEA Schweiz dans un article du 7 septembre.
Un esprit de paix
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Le café Basimta, ouvert en juin dans le centre de Jérusalem n’a ainsi, pour la première fois, pas accueilli de clients en fin de journée le vendredi 4 septembre, ni durant la journée du lendemain. Une décision prise «après de longues délibérations et à contrecœur, dans le but de mettre un frein à la colère et de rétablir la paix au sein du café», d’après un communiqué. Ses dirigeants entendent adoucir la situation dans une société de plus en plus polarisée, a expliqué à IDEA Schweiz Eli Birnbaum, directeur israélien de l’organisation évangélique Juifs pour Jésus de Juifs pour Jésus en Israël: «Nous voulons montrer qu’il existe une autre manière de gérer les conflits.» «Dieu a le sens de l’humour et une manière bien à lui de placer Jésus au centre», sourit-il.
Pendant plusieurs semaines, des militants haredim ont manifesté devant le commerce et harcelé les clients, considérant que le travail durant le Sabbat est une offense à Dieu et à l’identité de Jérusalem. Ils scandaient entre autres «Cessez de détruire Jérusalem», rapportait Evangéliques.info fin juillet, ou plus fort encore: Shabbat!» Les manifestants ont aussi répandu des excréments devant l’entrée, enduit la serrure de colle, renversé des tables et installé des barricades.
Face à eux des laïcs sont venus en soutien, protégés par la police israélienne présente en nombre, envers laquelle Eli Birnbaum se dit reconnaissant. Il déclare que les gérants se sont sentis épaulés par les autorités.
L’occasion de médiatiser la foi chrétienne
Le directeur de Juifs pour Jésus en Israël ajoute par ailleurs que la controverse a offert une occasion de témoigner de l’espérance chrétienne. La médiatisation de l’affaire lui a permis de parler de sa foi à la télévision nationale israélienne. Il y voit un signe de l’ouverture du pays au débat entre personnes ayant des convictions différentes.
L’hostilité n’est pas liée au caractère messianique de Juifs pour Jésus, explique-t-il, mais uniquement aux horaires. Le café se trouve dans une zone où les jours d’ouverture sont en principe à la libre discrétion des gérants, mais situé à seulement deux rues de quartiers où les règles religieuses sont observées plus strictement. «Je pense que, de temps à autre, certains souhaitent redéfinir la limite entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas», estime-t-il.
Basimta est le quatrième établissement lié à l’association missionnaire Juifs pour Jésus en Israël, mais il était le seul à ouvrir durant le Sabbat, répondant ainsi au souhait d’un certain nombre d’habitants de Jérusalem. Selon Eli Birnbaum, ces lieux se veulent des espaces d’«espérance et de bienveillance», où les visiteurs peuvent également en apprendre davantage sur Jésus.