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L’Alliance biblique française ouvre sa bibliothèque historique au public le 19 septembre

En septembre, l'ABF ouvrira au public sa bibliothèque historique, nichée dans le sous-sol de son siège parisien. L'occasion, à la faveur des Journées européennes du patrimoine, de découvrir cinq siècles de transmission du texte biblique.
Alliance biblique française

L’Alliance biblique française (ABF) ouvrira sa bibliothèque historique au public le samedi 19 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2026. Dans le sous-sol du 6 rue Lhomond, à Paris, se trouve en effet un véritable écrin qui renferme une riche collection de bibles anciennes et autres textes bibliques, rassemblés peu à peu depuis la fondation de la Société biblique protestante de Paris, l’un des ancêtres de l’ABF, en 1818. L’ensemble couvre une période de plus de cinq siècles, puisque l’ouvrage le plus ancien est une très rare bible imprimée en 1478. Aujourd’hui, près de 2500 bibles, psautiers et nouveaux testaments y sont réunis.

Depuis 2023, l’ABF ouvre chaque année les portes de cette bibliothèque au public et invite les visiteurs de tous âges, des curieux aux experts. Un parcours est spécialement conçu pour l’occasion et des animations sont prévues pour les plus jeunes. Rendez-vous est donné dans le 5e arrondissement de la capitale, entre 11h et 18h. L’entrée est libre et gratuite.

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Les mille vies d’un même texte

La bibliothèque compte entre autres un nouveau testament publié à Bâle en 1516. Réalisée et éditée par Erasme, cette traduction propose une version grecque confrontée à sa version latine, reproduite en parallèle. On y trouve également un psautier hébreu-grec-arabe-chaldéen publié la même année et qui est l’un des premiers livres polyglottes imprimés de l’Histoire, ainsi qu’un rouleau de la Torah datant du 18e siècle et plusieurs volumes d’une bible en braille. Si de nombreuses éditions parfois plusieurs fois centenaires en français sont présentes dans les rayons, en tout, plus d’une centaine de langues sont représentées.

Au-delà de la valeur patrimoniale des ouvrages, «le lieu est un véritable témoin de l’histoire de la transmission de la Bible. Il rend compte de l’importance jouée par l’invention de l’imprimerie, du tournant de la traduction de la Bible en langue vulgaire, de l’évolution de la langue française ou encore de l’apport déterminant des Sociétés bibliques dans cet élan», écrit Dominique Donzelot, membre de l’Alliance biblique française et ancien administrateur délégué, dans une présentation de la collection, sur le site de l’ABF.

Un système de troc

Pour constituer son fonds, la Société biblique protestante de Paris a longtemps misé sur une formule originale: proposer des éditions modernes en échange d’ouvrages plus anciens. L’idée séduit rapidement, donnant l’impulsion nécessaire à l’enrichissement progressif de la collection.

Un document publié en 1824 et mis en ligne sur le site de l’ABF rapporte l’anecdote suivante:
«Un pauvre artisan d’origine allemande vivait à Montbéliard où il était marié à une Française. Il possédait une ancienne et très petite édition de la Bible dans sa langue maternelle. Etant âgé et n’arrivant plus à la lire, il demanda à la troquer contre une version française de l’époque. Lorsqu’il reçut la Bible de Toulouse offerte par le Comité [de la Société biblique protestante de Paris], il fut ému et transporté de joie.”Dieu soit béni! Je pourrai lire la parole de Dieu à ma femme”, s’écria-t-il avec enthousiasme. Son épouse n’était pas en reste. Elle s’exclama: “Je n’aurais plus lieu d’envier le bonheur de mon mari. Jusqu’à présent, je restais délaissée sur mon lit de douleur, pendant qu’il goûtait le doux plaisir de lire l’Ecriture sainte dans sa langue. Mais dès aujourd’hui, je vais le partager avec lui.”»

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