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La fin de l’exemption militaire pour les ministres du culte surprend les Églises suisses

Un aumônier de l'armée suisse au milieu d'autres militaires
© Capture vidéo - Aumônerie de l’armée suisse
La suppression de l’exemption militaire pour les ministres du culte est passée presque inaperçue en Suisse. Plusieurs Eglises dénoncent un manque d’information et de consultation autour de cette réforme.
Charlotte Moulin

«b. abrogée.» Au milieu des nombreuses et récentes modifications techniques de la loi sur l’armée, ces deux mots passent presque inaperçus. Pourtant, ils signifient qu’en Suisse, les pasteurs, prêtres et les autres responsables religieux ne sont désormais plus exemptés du service militaire. Bien que d’autres unions d’Eglises aient commencé à faire entendre leur voix, Freikirchen.ch, faîtière des Eglises libres suisses alémaniques, a été la première à publier une prise de position officielle.

Dans un communiqué du 29 juin, ses représentants se disent surpris du manque de communication entre l’Etat et les communautés chrétiennes sur cette modification législative. «L’organisation (…) Freikirchen.ch n’a eu connaissance d’une modification importante de la loi sur le service militaire que par des voies détournées», souligne le document.

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Jusqu’au 31 mai 2026, l’article 18, alinéa 1, lettre b de la loi fédérale sur l’armée et l’administration militaire (LAAM) permettait une exemption du service militaire pour les ministres du culte. Avec la révision entrée en vigueur le 1er juin 2026, cette lettre «b» a été retirée, sans annonce officielle de ce que cela impliquait.

Un changement «sournois»…

«Les responsables religieux sont aussi des citoyennes et des citoyens de ce pays. A nos yeux, la question n’est donc pas de savoir s’ils doivent bénéficier d’une exception générale, mais de veiller (…) à tenir compte des obligations pastorales et paroissiales incontournables», a exprimé Stephan Jütte, porte-parole de l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS), auprès de Watson le 2 juillet. L’EERS s’est par ailleurs dite « »très irritée » par cette manière de procéder. Du côté catholique, la Conférence des Evêques suisses « regrette » de ne pas avoir été informée avant la réforme», complète la RTS.

Le Parlement suisse a adopté le 19 décembre 2025 une révision de la LAAM, avant que le Conseil fédéral fixe son entrée en vigueur au 1er juin 2026. «Il est toutefois frappant de constater que les associations et Eglises concernées – telles que les associations paroissiales, les Eglises nationales ou Freikirchen.ch – n’ont pas du tout été invitées à participer à la consultation», insistent les Eglises libres alémaniques dans le communiqué. L’Aargauer Zeitung, qui couvre les actualités du canton d’Argovie, a titré pour sa part son article du 2 juillet: «Un changement sournois».

Dans les hautes sphères du gouvernement, l’information n’a pas forcément été communiquée non plus, même aux instances les plus concernées. La RTS a contacté «plusieurs membres de la Commission de la politique de sécurité», qui traite des questions liées à la sécurité nationale, à l’armée et au service civil. Ils ont confié «n’avoir aucun souvenir d’avoir débattu de la question», relaye le quotidien.

…mais aussi une porte ouverte

«Pour certains chrétien-nes, la formation à la guerre entre en opposition fondamentale avec leur conscience, forgée par la foi, la prière et la Parole de Dieu», avait auparavant affirmé l’EERS en vue des votations du 14 juin, qui portaient également sur le service civil. Aujourd’hui, Peter Schneeberger, président de Freikirchen.ch, regrette «ce problème de procédure. De notre point de vue, cela ne correspond pas à un processus législatif rigoureux.»

Mais si l’activité des responsables religieux n’est plus considérée comme «indispensable au maintien de la vie sociale», a expliqué le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, interrogé par Schweiz heute, selon Freikirchen.ch, le changement dans la législation ouvre aussi «une nouvelle possibilité: ils peuvent postuler pour un poste au sein de l’aumônerie militaire. L’aumônerie militaire (…) apporte une contribution importante à l’accompagnement des soldats.»

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