Les autorités chinoises ont libéré un pasteur à la demande de Donald Trump
Surnommé Ezra (forme anglaise du prénom biblique Esdras), le pasteur protestant Jin Mingri, fondateur de l’Eglise de Sion à Pékin, a été arrêté fin septembre 2025. Le succès de sa congrégation, par ailleurs illégale, inquiétait le gouvernement chinois. Il a entre autres été interpellé pour «usage illégal de réseaux d’information», avec d’autres pasteurs et fidèles de plusieurs provinces chinoises et de la capitale. Le Monde rapporte que les autorités viennent de le libérer après des discussions entre Donald Trump et Xi Jinping. ChinaAid, une ONG de soutien aux chrétiens chinois basée aux Etats-Unis, a annoncé sur son site la date de la libération du pasteur, qui a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 juillet.
Jin Mingri avait créé en 2007 l’Eglise de Sion, qui a rapidement grandi, jusqu’à connaître une affluence de 1500 personnes. L’ampleur de l’Eglise avait attiré l’attention du pouvoir qui l’a dissoute en 2018, puisque les responsables refusaient également l’installation de caméras de reconnaissance faciale, comme il est de coutume pour les Eglises enregistrées officiellement – ce qui n’était pas le cas de l’Eglise Sion. Celle-ci s’est cependant développée sur internet, notamment durant la pandémie de Covid-19 au cours de laquelle des chrétiens d’une quarantaine de communes participaient aux cultes en ligne, indiquait Evangéliques.info en novembre 2025. La rédaction décrivait aussi, dans cette même publication, les inlassables démarches de sa fille Grace Jin Drexel et son plaidoyer pour une plus grande liberté religieuse en Chine.
Publicité
Une discussion avec Donald Trump
Le pasteur a pu rejoindre sa famille le jour de la fête nationale étatsunienne, le 4 juillet, qui marquait cette année les 250 ans du pays. Il a été transféré aux Etats-Unis dans le cadre d’un accord diplomatique exceptionnel. «Des responsables chinois lui auraient indiqué que sa libération résultait de discussions» entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping, et constituait «un geste de bonne volonté» à l’occasion de cette fête anniversaire outre-Atlantique, précise ChinaAid.
Durant son retour de Chine en mai, Donald Trump avait en effet affirmé aux journalistes, à bord d’Air Force One, avoir discuté avec son homologue chinois de la possibilité de libérer un pasteur et avait assuré que Xi Jinping examinait «avec un grand sérieux la situation». La presse étatsunienne avait avancé qu’il s’agissait de Jin Mingri.