Skip to content

Aux États-Unis, les baptistes du Sud votent un amendement contre le pastorat féminin

© Mahmud07 - Depositphotos
La plus grande dénomination protestante des Etats-Unis s’est prononcée en faveur de l’inscription, dans sa Constitution, de l’interdiction du pastorat féminin. Le texte devra cependant être à nouveau soumis à un vote l’an prochain.

La question du pastorat féminin divise la Convention baptiste du Sud (SBC, pour «Southern Baptist Convention») depuis des décennies. Le 10 juin lors de la réunion annuelle de la congrégation, les délégués ont adopté, avec près des trois quarts des voix, un amendement constitutionnel excluant les femmes du pastorat et plus largement, du ministère de prédication.

Le texte proposé par l’influent Albert Mohler, président du Southern baptist theological Seminary de Louisville, vise en effet à empêcher ce qui est considéré par une majorité d’Eglises membres de la SBC comme une dérive libérale, rapporte Religion News Service dans un article du même jour. Dans cette optique, les communautés chrétiennes qui permettraient encore à une femme de prêcher seraient exclues de l’union d’Eglises.

Publicité

«Il existe une ligne de démarcation majeure entre l’évangélisme libéral et l’évangélisme biblique, et cette question en est une illustration évidente», a déclaré Albert Mohler. «La trajectoire des dénominations libérales est claire», a-t-il ajouté, appuyant sa réticence.

Un premier vote sans effet définitif

L’amendement Truth and Unity (Vérité et Unité) a ainsi été adopté par 74,6% des voix lors de cette rencontre, qui s’est tenue à Orlando en Floride. Cependant, toute modification de la Constitution de la SBC doit être approuvée par une majorité des deux tiers lors de deux réunions annuelles consécutives.

Le résultat de ce premier vote ne garantit pas l’obtention d’une même majorité qualifiée au second: en 2023, un amendement similaire proposé par le pasteur Mike Law avait recueilli plus de 80% des voix lors du premier scrutin, rapportait alors The Christian Post, avant de retomber à 61,45 % l’année suivante.

L’escalade du désaccord

Avant la réunion du 10 juin, l’organisation Baptist Women in Ministry, qui soutient les femmes s’engageant dans le ministère pastoral a financé l’installation d’un panneau publicitaire à Orlando. Après le vote, le collectif a publié un communiqué où l’on peut lire: «Les femmes engagées dans le ministère méritent d’être valorisées, respectées et d’avoir la possibilité de répondre à l’appel de Dieu. Nous sommes profondément attristés qu’on leur ait refusé ces libertés fondamentales au cours de ce vote.»

Jusqu’en 2021, la SBC n’excluait pas systématiquement les Eglises où exerçaient des femmes pasteures. Néanmoins la controverse avait déjà été relancée en 2019 par un échange opposant dans un premier temps, sur les réseaux sociaux, Beth Moore, enseignante biblique alors membre de l’union d’Eglises, et Albert Mohler: les tweets portaient sur le complémentarisme, conception selon laquelle hommes et femmes, tout en étant égaux en valeur et en dignité, se voient confier des rôles et des responsabilités différents. En 2021, la décision de l’Eglise du pasteur Rick Warren, la Saddleback Church, d’ordonner des femmes a également contribué à raviver les tensions et à renforcer les appels en faveur d’une position plus ferme de la SBC sur le pastorat féminin. En 2023, l’Eglise Saddleback a été exclue.

Thèmes liés:

Publicité