La conférence Dignity a réuni 125 personnes à Cossonay autour de la problématique des abus
Des larmes roulent le long de certaines joues, des mains se posent sur les épaules de la voisine ou du voisin: le silence méditatif accueille un témoignage d’abus. Le 31 janvier, la première conférence organisée par l’association Dignity a réuni 125 participants de toute la Suisse romande à Cossonay, dans le canton de Vaud.
En début de journée, la cheffe de projet Lisa Zbinden a proposé un regard sociologique sur les violences sexuelles, soulignant l’impact des mythes, de la culture du viol et des mécanismes de banalisation des «petits abus». Un accent particulier a été mis sur les dérives propres au milieu ecclésial. Moments forts de la journée, les témoignages d’Elodie et de Jean-Michel, ainsi que la lecture d’une lettre rédigée par une jeune victime à son Eglise, ont profondément touché l’assemblée. Elodie a notamment évoqué le chemin long et complexe de la guérison, de la douleur qui ne disparaît pas mais devient moins envahissante, et des paroles spirituelles parfois destructrices entendues après les faits.
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Une humanité sans domination
La psychologue et psychothérapeute Sarika Pilet a ensuite détaillé les rouages des violences sexuelles, leurs impacts et les parcours de rétablissement, mettant en lumière les facteurs qui mènent au passage à l’acte et les limites systématiquement franchies lors d’une agression. La réflexion théologique qui a suivi, portée par Lisa Zbinden qui a repris la parole avec la directrice de l’association Margarita Fugger-Heesen, invitait les chrétiens à revenir au projet initial de Dieu: une humanité sans domination. «Une Eglise qui fait face aux abus est une Eglise qui donne envie», a résumé Margarita Fugger-Heesen, opposant une culture de l’abus à la culture du Royaume.
Entre les interventions informatives et les témoignages poignants, des interludes artistiques étaient proposés aux participants. Dans l’après-midi, différents ateliers ont ouvert l’occasion d’approfondir plusieurs thématiques liées aux abus. La journée s’est conclue par la projection du documentaire «Dignity». Fondée par Margarita Fugger-Heesen, l’association Dignity œuvre depuis 2023 pour orienter les personnes ayant vécu des abus vers des ressources professionnelles, dans la conviction que la restauration est possible.