Suisse: Les chrétiens d’Asie centrale à l’honneur du Dimanche de l’Église persécutée
À l’occasion du Dimanche de l’Église persécutée, Portes Ouvertes Suisse invite les Églises «à mieux connaître la situation des chrétiens dans cinq pays où sévit la persécution». Dans un communiqué du 27 octobre, l’ONG de soutien aux chrétiens persécutés souligne le poids des contrôles étatiques et sociaux sur les chrétiens dans cinq pays d’Asie centrale issus de l’URSS.
Un chrétien sur sept, soit plus de 388 millions de chrétiens dans le monde, est exposé à un niveau élevé de persécution pour leur foi, selon l’«Index mondial de persécution des chrétiens 2026» publié par Portes Ouvertes. «Chaque année en novembre, les Églises de Suisse sont appelées à prier pour l’Église persécutée dans le monde, à dénoncer l’injustice qu’elle subit et à s’informer», rappelle la branche helvétique de l’ONG. Elle souligne que cette mobilisation rassemble des chrétiens de près de 150 pays.
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Minorités chrétiennes en Asie centrale post-soviétique
Selon l’Index de persécution, les cinq anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale figurent toutes parmi les 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Héritières de l’époque soviétique, ces sociétés sont aujourd’hui majoritairement musulmanes. Les chrétiens y rencontrent une forte hostilité sociale, tandis que les autorités encadrent strictement les cultes de toutes les religions. Après la chute de l’URSS, la pratique religieuse s’y est d’abord largement libéralisée, avant que les autorités ne resserrent à nouveau leur contrôle.
En Ouzbékistan (25e rang sur l’Index), les restrictions sur l’évangélisation et l’enregistrement des Églises exposent les chrétiens aux arrestations et aux amendes, tandis que les chrétiens afghans réfugiés au Tadjikistan (27e) sont particulièrement menacés de renvoi en Afghanistan, ce qui les exposerait, selon Portes Ouvertes, à la persécution, à la torture, voire à une condamnation à mort.
Les convertis, les plus exposés
Au Turkménistan (35e), le régime autoritaire surveille les cultes et limite les activités religieuses. Si les cas de persécution ont diminué, c’est parce que les communautés chrétiennes ont réduit leurs activités, et non parce que la pression s’est relâchée. Au Kirghizistan (40e), une loi de 2025 exige une autorisation préalable pour une activité religieuse et 500 signatures de membres pour l’enregistrement obligatoire d’une organisation religieuse, rendant très difficile la situation des Églises. Au Kazakhstan (45e), les protestants non traditionnels subissent des descentes de police et des détentions.
Dans ces cinq pays, les convertis d’origine musulmane sont particulièrement vulnérables, surtout en milieu rural, où les pressions familiales et communautaires peuvent s’ajouter aux restrictions des autorités.