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Les établissements de soins chrétiens zurichois devront autoriser le suicide assisté dans leurs locaux

Le 27 septembre, les électeurs du canton de Zurich ont voté en faveur de l’obligation, pour tous les établissements de santé privés et de long séjour, d’autoriser le suicide assisté. Les partis chrétiens y étaient opposés.
Yet Another Blog - Wikimedia Commons / Zurich

Avec 68% des voix, les électeurs du canton de Zurich ont dit oui, le 27 septembre, à un contre-projet du Grand Conseil visant à obliger tous les hôpitaux et toutes les maisons de retraite à autoriser le suicide assisté quand un patient ou un résident le demande, rapporte Protestinfo dans un article du 30 septembre.

Une demande des associations favorables au suicide assisté

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Contrairement aux foyers et aux maisons de retraite publics, les institutions privées ou confessionnelles pouvaient auparavant interdire la démarche dans leurs locaux. Les personnes qui souhaitaient y recourir devaient être transférées dans un autre établissement. À partir du 1er janvier 2027, une trentaine d’établissements privés chrétiens, qui refusaient jusqu’ici le suicide assisté, devraient être concernés.

Ce sont notamment les organisations EXIT et Dignitas, qui pratiquent l’assistance au suicide, qui sont à l’origine de cette évolution. En 2023, elles ont déposé une initiative populaire en ce sens. Leur comité d’initiative a finalement retiré son texte après que le Grand Conseil zurichois, parlement cantonal, a élaboré un contre-projet reprenant l’essentiel de ses revendications, tout en excluant les cliniques psychiatriques et les prisons. Le projet a été soumis au vote populaire à la demande d’une minorité du Grand Conseil, tandis que le gouvernement du canton s’opposait à ce texte.

Les partis chrétiens et conservateurs vent debout contre le texte

Soutenu par la majorité des partis de gauche et du centre, le contre-projet a été contesté par les partis chrétiens et conservateurs, au nom de la liberté de conscience et de l’autonomie des institutions. L’Union démocratique du centre (UDC), parti de droite conservatrice, avait ainsi relayé sur son site le 3 septembre un article selon lequel «la véritable liberté de choix n’existe que s’il est possible de choisir un lieu de vie et un lieu de travail sans aide au suicide».

Parmi les partis d’inspiration chrétienne, le Parti évangélique (PEV) a dénoncé une ingérence de l’État «dans la mission et les valeurs de ces institutions» et a déclaré que «les hôpitaux doivent pouvoir rester fidèles à leur mission première: traiter les maladies, soulager les souffrances et protéger la vie (…) au lieu de soumettre [les personnes vulnérables] à de nouvelles attentes». De plus, le PEV affirme que plus de 90% des EMS zurichois autorisent déjà le suicide assisté, ce qui ferait de cette nouvelle loi une réponse à un problème quasi inexistant.

De son côté, Heinz Kyburz, président de la section zurichoise de l’Union démocratique fédérale (UDF), a affirmé, dans le mensuel du parti, Standpunkt, de décembre 2025: «Les soins médicaux et palliatifs, associés à la compassion des proches, sont des signes de la dignité humaine qui permettent d’accompagner le processus de fin de vie, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des mesures visant à prolonger ou à abréger la vie.»

L’Église réformée divisée

Le Conseil synodal de l’Église réformée du canton a cependant jugé que la contre-proposition représentait «un juste équilibre entre autonomie et protection» tandis que Christian Meier, président de la fraction évangélique-ecclésiale du Synode, a critiqué cette prise de position. Il appuie: «Il est du devoir de l’Église de défendre le respect de la vie et de ne pas promouvoir la normalisation institutionnelle du suicide assisté.»

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