Les Jeunes du Parti évangélique suisse appellent à voter contre l’initiative sur la neutralité
Comme chaque année, l’armée suisse participe en 2026 à des activités d’instruction militaire avec les forces armées d’autres Etats, un choix validé par le Conseil fédéral en février dernier. Le gouvernement estime en effet que ces exercices sont conformes à la pratique actuelle de la neutralité que l’initiative «Sauvegarder la neutralité suisse», portée par Christoph Blocher (UDC) et soumise au vote le 27 septembre, voudrait justement durcir. A moins d’un mois du vote, les Jeunes Parti Evangélique (JPEV) appellent sur leur site à s’y opposer.
Une initiative qui redéfinit les contours de la neutralité
Publicité
L’initiative populaire fédérale sur la neutralité vise une pratique plus stricte en matière de neutralité en définissant précisément ce principe déjà inscrit dans la Constitution. Elle prévoit que la Suisse puisse encore coopérer militairement avec d’autres Etats en cas d’attaque contre elle ou d’actes en ce sens, mais uniquement dans ces cas-là. Si elle était adoptée, Berne ne prendrait plus non plus de sanctions contre un quelconque autre pays, comme celles contre la Russie dans le conflit avec l’Ukraine. L’initiative prévoit enfin que la Suisse utilise sa neutralité à des fins de médiation.
Une «indifférence face à la guerre et à l’injustice»
A l’instar du Conseil fédéral et du Conseil des Etats qui ont recommandé le rejet de l’initiative sans contre-projet, les JPEV appellent le peuple et les cantons à voter contre le texte. «Pas de guerre, donc oui à l’initiative sur la neutralité?» Ainsi présentée, l’idée ne convainc pas les JPEV pour qui les modifications constitutionnelles exigées par l’initiative ne vont pas dans la bonne direction.
Selon eux, «l’ancrage actuel de la neutralité dans la Constitution offre à la Suisse la sécurité et la flexibilité nécessaires dans sa coopération avec d’autres Etats», alors que si l’initiative était adoptée, «les exercices conjoints (par exemple avec l’OTAN) (…) ne seraient autorisés qu’en cas d’attaque militaire imminente». Les JPEV jugent cette possibilité irréaliste, car d’après eux «il serait alors déjà trop tard, surtout si aucun échange ni aucune coopération n’ont eu lieu auparavant».
Refusant une confusion entre la neutralité et «l’équidistance» entre des belligérants, les JPEV insistent: l’adoption du texte empêcherait la Suisse de prendre des sanctions à l’encontre d’un «Etat agresseur en cas d’attaques graves contraires au droit international». «L’initiative sur la neutralité ne garantit donc pas à la Suisse l’absence de guerre, mais signifie plutôt l’indifférence face à la guerre et à l’injustice», affirment-ils.