Skip to content

L’OSCE s’inquiète de la montée de la christianophobie en Europe

© Alliance évangélique européenne / Session d’un atelier durant la rencontre organisée par l’OSCE sur les crimes de haine antichrétiens. A gauche, Nancy Lefevre, juriste au CNEF et Julia Doxat-Purser, coordinatrice chargée de la liberté religieuse au sein de l’AEE
Fin mai s’est tenue une réunion d’experts organisée par l'OSCE, dédiée à la prévention et à la lutte contre les actes antichrétiens. Des responsables d’organisations évangéliques y ont pris la parole.

Les chrétiens connaissent une discrimination et des crimes de haine dans certains pays d’Europe. Il s’agit de la problématique abordée durant une rencontre officielle à Rome, portée par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme, organe consultatif de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les réunions se sont tenues les 26 et 27 mai, précise Evangelical Focus dans un article du 12 juin. Parmi les intervenants figuraient Nancy Lefèvre, responsable juridique du Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et Julia Doxat-Purser, représentante sociopolitique de l’Alliance évangélique européenne et coordinatrice chargée de la liberté religieuse au sein de l’Alliance.

Plus grande organisation de sécurité en Europe, l’OSCE observe la situation de la démocratie et des droits de l’homme sur le continent. La consultation à Rome avait pour but de «répondre aux crimes de haine antichrétiens et de traiter les besoins de sécurité des communautés chrétiennes en Europe occidentale». Une trentaine d’experts ont décrit des cas concrets et des données chiffrées provenant de leurs pays respectifs, et ont discuté de la manière de coopérer plus efficacement pour contrer ces hostilités.

Publicité

Des évangéliques taxés d’extrémisme

Julia Doxat-Purser a égrené une liste de crimes de haine signalés contre les évangéliques en Europe, tels que des incendies criminels, des actes de vandalisme, du piratage informatique, des vitres brisées durant les cultes, ainsi que des agressions de prédicateurs de rue. Les anciens musulmans, les militants pro-vie, les demandeurs d’asile et les membres d’Eglises issus de minorités ethniques sont particulièrement ciblés. Elle a également pointé les médias et les politiciens: «Il est injuste d’étiqueter les chrétiens comme des extrémistes simplement parce qu’ils peuvent avoir des opinions sur la vie ou les relations sexuelles avec lesquelles d’autres sont en désaccord.» Cependant, a-t-elle nuancé, les juifs ou les musulmans subissent le phénomène encore bien plus que les chrétiens.

Cette réunion, explique Nancy Lefèvre à Evangéliques Info, a été l’occasion d’une mise en pratique en contexte des conseils énumérés dans le Guide OSCE, notamment «de favoriser la compréhension par les différents acteurs (ministère de l’Intérieur, gendarmerie, responsables des cultes) des problématiques et des enjeux et la connaissance réciproque à différents niveaux». Elle constate que «l’approche comparée Espagne/Italie/Autriche/France a permis une vraie émulation pour stimuler des idées concrètes, notamment pour la collecte de données d’actes antireligieux par les forces de sécurité intérieure ou l’accueil des victimes.»

En France, le nécessaire dialogue avec les autorités

La juriste insiste sur l’importance de la prévention: «Il s’agit d’éviter la culture de la désinformation, de la stigmatisation ou de l’intolérance envers les évangéliques, qui mène ensuite à la discrimination puis aux actes de violence.» Elle juge qu’il est nécessaire d’établir «des contacts en amont avec les autorités et une collecte de données plus fines pour mieux appréhender la réalité de terrain».

Nancy Lefèvre note que les actes violents contre les évangéliques en France «sont fort heureusement sporadiques». «Sur les trois dernières années, on dénombre, pour les Eglises membres du CNEF, quelques incidents: des tags sur les murs des lieux de culte, des dégâts matériels, une atteinte aux personnes pendant un culte.» Elle met toutefois en garde: «Le climat de sécurité pourrait se dégrader en raison des discours et des préjugés qui circulent sur les évangéliques et des tensions géopolitiques.» Les délégués départementaux du CNEF seront donc mobilisés pour les Assises territoriales de lutte contre les actes antireligieux en juin et début juillet, et l’organisme sera auditionné sur ce qu’il sait de cette tendance sur le plan national, ajoute la responsable juridique, qui attend les recommandations qui seront faites au président de la République, à l’automne.

Thèmes liés:

Publicité