Le président de l’Alliance évangélique italienne appelle à dépolitiser le mot «évangélique»
Giacomo Ciccone, président de l’Alliance évangélique italienne (AEI), appelle à désolidariser le terme «évangélique» des objectifs politiques. Il dénonce un comportement asservi de la part du pasteur et évangéliste étatsunien Franklin Graham, et celui de Paula White, conseillère spirituelle de Donald Trump, qu’il qualifie de «blasphématoire» en identifiant ce dernier à Jésus, citait Evangelical Focus le 21 avril. Le président de la faîtière s’insurge du fait que les chrétiens, y compris dans le reste du monde, puissent être assimilés à travers les médias à ces sphères à l’instar de la pasteure ou de Pete Hegseth, secrétaire à la Défense des Etats-Unis.
Devant les soupçons et les caricatures dont les Eglises évangéliques font l’objet quand ils sont assimilés à des «bellicistes», Giacomo Ciccone répond par ailleurs, dans un entretien sur le site de l’Alliance évangélique italienne publié le 18 avril, en déclarant ressentir «un mélange d’indignation et un désir de clarté».
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«Il s’est perdu»
Pour lui, les déclarations de Paula White qui comparait, à Pâques, Donald Trump à Jésus-Christ sont un sacrilège, et les interprétations de Pete Hegseth sont manichéennes. Giacomo Ciccone définit cette attitude comme une interprétation imprudente de la Bible, une forme de «nationalisme chrétien» qui ferait de la nation américaine le peuple de Dieu tout en jetant le discrédit sur les autres pays.
De même, Giacomo Ciccone regrette la posture du célèbre évangéliste: «Il est regrettable de constater la passivité de dirigeants tels que Franklin Graham qui, malgré des opportunités de proximité avec le président des Etats-Unis, continue de s’aligner sans esprit critique sur le pouvoir», là où l’Italien voit une responsabilité prophétique de dénoncer les dérives de cet exercice. Face à de récentes déclarations de Donald Trump, comme «Nous allons frapper durement l’Iran et le ramener à l’âge de pierre», non dénoncées par le pasteur, Giacomo Ciccone déclare qu’il «s’est perdu dans une posture servile».
Libérer le terme «évangélique»
Avec le défi ressenti par tous les croyants en ce temps de manipulations, il est temps de travailler à soigner l’image des évangéliques et à libérer le terme «évangélique» lui-même afin qu’il n’y ait plus de confusion, martèle encore le président de l’AEI. La responsabilité ne reviendrait pas à abandonner le mot malgré la tension qu’il peut susciter mais de «ne pas reléguer ce nom à ses déformations, clarifier son sens, le vivre de manière cohérente et le retirer de toute appropriation idéologique», déclare Giacomo Ciccone. Il doit selon lui résonner loin des affiliations nationales ou idéologiques. Cette identité est «reconnue dans l’Evangile de Jésus-Christ et s’exprime dans un témoignage qui unit vérité et grâce, conviction et douceur, humilité et espérance», ajoute-t-il.
Un document a été publié par le Conseil exécutif fédéral de l’Alliance évangélique italienne le 9 mars pour encourager au discernement. Ce n’est pas l’indifférence ou le silence qui est attendu des évangéliques ici, mais le fait d’être «enraciné dans les Ecritures et attentif au cri d’une terre déchirée».
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