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Un podcast aborde le paradoxe français: une société sécularisée, mais des conversions en hausse

© Fondation de l'Islam de France - YouTube / Virginie Larousse est responsable de la rubrique et du magazine «Le Monde des religions» au journal Le Monde
Questionnée à propos des près de 20'000 Français qui se convertissent chaque année au catholicisme, au protestantisme, à l’islam ou au judaïsme, la journaliste Virginie Larousse tâche d'en expliquer, dans un podcast du «Monde», les causes possibles.
Ahmed T

Dans un épisode du podcast «L’heure du Monde» diffusé le 7 avril, Thomas Baumgartner, présentateur, a invité Virginie Larousse, journaliste responsable de la rubrique «Le Monde des religions», pour apporter des éclairages sur les causes d’un retour au religieux en France depuis une dizaine d’années avec «une forte accélération sur les quatre dernières années». Des personnes converties à différentes confessions témoignent également.

Thomas Baumgartner fait état du nombre croissant de nouveaux convertis en France alors que la société française est réputée pour être de moins en moins croyante. Pour résoudre ce paradoxe, il pose à son interlocutrice des questions sur la définition de la conversion, sur les différents choix de religion, l’identification des convertis et les causes de leurs conversions.

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«Dieu, quel que soit le nom qu’on lui donne (…) continue à attirer»

Virginie Larousse, tout en confirmant la réalité de cette dynamique de conversions, revient sur la désertion des sphères religieuses depuis 1968 tout en niant «un effacement total de la religion» en France. «Dieu, quel que soit le nom qu’on lui donne dans les différentes religions, continue à attirer même dans un pays parmi les plus sécularisés d’Europe», ajoutera plus tard la journaliste durant l’interview. Elle poursuit avec un éclairage sur ses différentes causes. Dans l’ensemble des cas, «il ne s’agit pas de religions inculquées, et la conversion est souvent une réponse à une impression de vie vidée de sens», déclare-t-elle. La tranche d’âge la plus concernée se situe entre 20 et 40 ans.

Elle analyse les différents schémas de motivations religieuses. Pour elle, le cas de Charlotte, 23 ans aujourd’hui mais convertie au catholicisme à 11 ans alors que dans sa famille «on parlait peu de Dieu», s’inscrit dans un catholicisme social. C’est un «schéma de conversion atypique et très marquant», indique-t-elle. Quant à Anika, 59 ans, convertie au soufisme (un courant de l’islam qui induit de la danse et d’autres mouvements physiques), Virginie Larousse explique qu’il y a «une forme d’attachement à une esthétique des rituels, des cultes, des gestes (…) Corps et âme sont mêlés», le spirituel et le corporel vont ensemble, ajoute t-elle.

Le confort d’un cadre moral

Gustave, 16 ans, converti au protestantisme, témoigne qu’en lisant les évangiles, il s’est détaché d’une «obsession» pour l’argent. Il témoigne d’un mieux-être grâce à un cadre moral et à des principes qui ne portent cependant pas atteinte à sa liberté. «L’être humain a besoin de principes tout en étant conscient du pourquoi il les suit», souligne Virginie Larousse. Quant à la ferveur particulière des nouveaux convertis, ces derniers «peuvent être plus assidus que les pratiquants traditionnels», en recherche d’une autorité, de normes à suivre, et d’une moralité, mais finissent par avoir un rapport détendu avec la religion, détaille-t-elle.

Il existe également des influences croisées: «Des jeunes catholiques, par exemple, retournent au carême catholique en voyant les jeunes musulmans pratiquer le ramadan», observe-t-elle. Ou encore, «certains catholiques comprennent qu’ils ont l’obligation d’assumer leur religion à la manière dont les musulmans le font», note-t-elle.

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