Valérie Duval-Poujol porte la voix des femmes à l’ONU
«Garantir et renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice» était le thème de la 70e Commission de la condition de la femme (CSW), qui s’est réunie du 9 au 19 mars à New York. Outre les Etats membres de l’ONU, 700 ONG ont participé aux débats, dont des communions chrétiennes internationales telle que l’Alliance évangélique mondiale. La théologienne baptiste Valérie Duval-Poujol figurait parmi la centaine de personnes constituant la délégation française conduite par Aurore Bergé, ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes. De retour de New York, l’ambassadrice de l’Alliance baptiste mondiale contre les violences faites aux femmes et aux filles nous donne un aperçu de la session.
Entre négation de l’existence juridique…
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En droit, l’accès à la justice est censé débuter à la naissance. Dans certains pays, cependant, les femmes ne sont pas déclarées à la naissance et n’existent donc pas juridiquement, rapporte Valérie Duval-Poujol. La conséquence de cette invisibilité est qu’elles ne peuvent pas avoir un suivi médical, ni être propriétaires, héritières, ni porter plainte, voyager, voter, ou encore ouvrir un compte bancaire. Cette inégalité initiale se mesure à l’échelle mondiale entre les deux sexes: les femmes ne jouissent que de 64% des droits dont bénéficient les hommes.
…et chiffres violents
Les statistiques sont tout aussi effrayantes concernant les violences, explique la théologienne: «70% des femmes de plus de 15 ans dans le monde ont dit avoir déjà souffert de violences d’une forme ou d’une autre, essentiellement par des proches. En France, 80% des femmes ou filles en situation de handicap ont connu des violences sexuelles.» La situation des femmes est particulièrement préoccupante dans les zones de guerre avec les viols, où encore dans des pays comme l’Afghanistan où elles subissent un apartheid de genre.
Prédication à la chapelle de l’ONU
C’était la quatrième participation de Valérie Duval-Poujol à une CSW, et la deuxième en tant que membre de la délégation française officielle. C’était aussi sa première en tant qu’ambassadrice contre les violences faites aux femmes pour l’Alliance baptiste mondiale: «A ce titre, j’ai eu le privilège de prêcher à la chapelle de l’ONU le tout premier jour lors du service œcuménique qui rassemble les participantes chrétiennes à la CSW sur le récit des filles de Tselofad (Nb 27,1-11) qui réclament justice à Moïse et Dieu leur déclare: « Elles ont raison »!»
La théologienne a aussi co-organisé avec l’Alliance évangélique mondiale et le CNEDA (acronyme anglais pour Réseau chrétien pour mettre fin à la violence domestique) un événement intitulé «Faith in action, dimantling barriers to justice for women» (La foi en action: démanteler les obstacles à l’accès à la justice pour les femmes), qui s’est tenu en parallèle de la CSW.