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Sébastien Fath sur France Culture: «Le nouveau pouvoir évangélique»

© Essentialimagem - Depositphotos
L’historien et sociologue Sébastien Fath, spécialiste du protestantisme évangélique, était récemment invité sur France Culture pour présenter son dernier livre sur ce courant dynamique.

Une personne sur douze dans le monde est évangélique, le nombre d’Eglises de cette mouvance se développe en France, et pourtant elle est mal connue. Chercheur spécialiste du fait évangélique au CNRS, Sébastien Fath a présenté fin janvier son dernier ouvrage, Le nouveau pouvoir évangélique (éd. Grasset), lors d’un entretien radiophonique sur France Culture. L’évangélisme est la troisième confession à laquelle s’affilient les Français.

Une minorité très pratiquante et engagée

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Depuis les années 1970, les évangéliques sont passés de 0,2% de la population française à 1,6% et constituent un groupe protéiforme de 1,1 million de personnes. Sébastien Fath observe que, s’ils restent une minorité, non seulement leur nombre croît, mais encore ils s’investissent dans la société.

Une forte pratique, couplée à cet engagement assez important fait «partie de leur culture», note le sociologue, s’appuyant sur des chiffres: «L’enquête Ipsos 2017, par exemple, sur les évangéliques et sur les protestants d’une manière générale, montrait que 30% des évangéliques s’engagent dans une association, contre 19% des autres protestants et contre 10% des catholiques.»

Par le bouche-à-oreille

Si l’on parle autant des évangéliques, malgré leur faible présence, c’est en raison de leur dynamisme, explique encore Sébastien Fath, qui met ici en perspective le discours général sur le déclin du christianisme en France: «Du côté de l’Eglise, très largement majoritaire, l’Eglise catholique, les séminaires se ferment. Il y a des difficultés pour les vocations, le taux de pratique a beaucoup baissé, et les Eglises sont bien souvent marquées par une moyenne d’âge assez élevée.» Mais, observe-t-il, de leur côté, les évangéliques «ont développé leurs effectifs, ils ont développé leur réseau, ils manquent de pasteurs, ils construisent une nouvelle église tous les dix jours».

Constatant que le prosélytisme est le fait des différentes croyances, Sébastien Fath estime en outre que «l’essentiel ne se joue pas dans les grands rassemblements spectaculaires» comme ceux qu’a pu organiser Billy Graham, mais plutôt «dans le bouche-à-oreille, dans les relations de voisinage, de travail, de personne à personne».

Politiquement moins conservateurs que les évangéliques aux Etats-Unis

Mais si l’évangélisation est un marqueur, la politique l’est moins qu’outre-Atlantique où environ 80% des évangéliques blancs ont voté pour Donald Trump en 2024: «Les évangéliques français sont un peu plus à droite que l’ensemble de la population, mais la marge est légère. Ainsi, une enquête qualitative auprès des 4700 membres de l’Eglise MLK en région parisienne indique que 16% d’entre eux ont voté pour LFI et moins de 4 % pour le RN.

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