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Ces vies ne sont plus protégées «quoi qu’il en coûte»

Une jeune femme médecin rassurant un patient âgé
© iStock
L'édito de la semaine. En Suisse, 1283 personnes ont été accompagnées au suicide par Exit en 2020. Fin janvier, le Portugal légalisait l’euthanasie. En France, un projet de loi visant à établir le «droit de mourir dans la dignité» sera examiné...
David Métreau

En Suisse, 1282 personnes ont été accompagnées au suicide par l’organisation Exit en 2020. Fin janvier, le Portugal légalisait l’euthanasie. Ironie de l’histoire, ce changement législatif arrivait au moment même du plus haut pic de contamination au Covid (et de décès associés) dans le pays depuis le début de la pandémie. En cette fin février, pour la première fois, les autorités péruviennes ont accepté une demande d’euthanasie. Celle d’une femme de 44 ans soufrant d’une poliomyélite dégénérative et souhaitant mettre fin à ses jours sous assistance médicale. En France, un projet de loi visant à établir le «droit de mourir dans la dignité» sera examiné en commission au Sénat le 3 mars.

Cette pandémie met en lumière un paradoxe. Au vu des mesures sanitaires inédites prises dans une majorité de pays, jamais la vie humaine ne semble avoir eu autant de valeur (marchande?) qu’aujourd’hui. Et pourtant ces vies ne semblent pas (ou plus) être protégées «quoi qu’il en coûte» et mises à l’honneur jusqu’à la fin.

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Nous ne nous appartenons pas

Permettez-moi d’être un peu simpliste, sans pour autant nier quelconque douleur ni complexité dans ce sujet : nous ne nous appartenons pas. L’humain n’est la possession de personne ici-bas, pas même celle de son propre chef (dans le sens tête). D’ailleurs qui d’entre vous a décidé de venir à la vie ? Nous ne maîtrisons pas tout. Alors comment peut-on prendre une décision aussi importante et endommager (et dans ce cas détruire) une vie qui si on suit mon raisonnement ne nous appartient pas tout à fait ?

Il reste fort heureusement des lueurs d’intelligence collective. L’ONU alertait récemment sur certaines dérives relatives et l’euthanasie et rappelait notamment que «le handicap est un aspect universel de la condition humaine». L’accompagnement des personnes lourdement handicapées et/car en fin de vie, dans les foyers, les homes et les Ehpads est un défi pour notre génération, en famille, en Eglise, en société. 

PS : cet édito a d’abord été publié dans la newsletter d’Evangeliques.info le 26 février 2021. 

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