«Faites du bruit pour Jésus» : le Réseau évangélique du Québec nuance le portrait
Plusieurs médias québécois, dont La Presse, ont évoqué le succès du documentaire Faites du bruit pour Jésus, en ligne sur la plateforme de Télé-Québec depuis le 11 octobre, qui sera diffusé à l’antenne lundi 19 octobre à 20 heures, heure locale. Le journaliste Clément Hamelin, qui l’a présenté le 11 octobre sur le plateau de «Tout le monde en parle», y interroge de jeunes influenceurs évangéliques. Dans un communiqué du 12 octobre, le Réseau évangélique du Québec (REQ) souligne que les personnalités interviewées ne reflètent qu’une partie de l’évangélisme de la province.
Influenceurs et sujets de société
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Au cours du documentaire de 52 minutes, Clément Hamelin a posé des questions sur des sujets de société comme l’avortement ou la transidentité. Face à lui, figurent notamment l’influenceur Jeremy-Noah Thériault (surnommé JNT) et le pasteur Emanuel Ouellet, qui animent le podcast chrétien Pour de vrai. Ils ont qualifié les pratiques homosexuelles de péché et dit que l’avortement supprime une vie.
Le journaliste a demandé à un intervenant s’il était prêt à prêcher dans la rue même si la pratique religieuse collective y est interdite sans autorisation municipale depuis l’adoption d’une loi en avril. Ce dernier a répondu que la Bible demande d’être soumis aux autorités, qui sont sous l’autorité de Dieu (Rom. 13:1), et qu’il ferait ce qui est moralement bon, c’est-à-dire prêcher. Le journaliste a également interrogé de jeunes influenceuses qui mènent une vie de couple traditionnelle, affirment ne pas être des tradwives et estiment que l’évangélisme ne justifie pas le masculinisme.
«Pour un dialogue plus représentatif»
«Le Réseau évangélique du Québec se réjouit de voir la quête de sens et l’intérêt pour la foi chrétienne chez les jeunes générations faire l’objet d’une discussion publique», déclare la faîtière dans son communiqué, ajoutant que «ce sujet mérite d’être abordé avec ouverture, nuance et curiosité». Dès le titre de son communiqué, l’instance souligne que la réalité des évangéliques «dépasse l’écran».
Saluant le travail de Clément Hamelin et de l’équipe du film, le REQ souligne que le documentaire, centré sur la jeunesse et les influenceurs, donne à voir «certains visages d’un mouvement diversifié» et qu’il «ne prétend (…) pas présenter l’ensemble des communautés évangéliques, leurs convictions ou leur engagement quotidien dans la société québécoise». Il fait observer qu’il y a «différentes traditions et sensibilités théologiques» parmi les évangéliques québécois et que «le regain d’intérêt pour la foi chrétienne mérite aussi d’être considéré dans un contexte plus large, qui touche notamment les milieux catholiques».
Regrettant «qu’aucun représentant reconnu des principaux regroupements évangéliques n’ait été invité à prendre part à la discussion» sur le plateau de «Tout le monde en parle», le REQ insiste sur «l’importance de distinguer les témoignages individuels de la représentation d’un mouvement religieux dans toute sa diversité» et se dit prêt à «contribuer à ces échanges dans un esprit d’ouverture, de transparence et de respect».