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Suisse: un ex-pasteur de la vallée de Joux accusé de gestes déplacés

Ancien pasteur de la vallée de Joux, Antoine S. est accusé par plusieurs femmes de comportements inappropriés. La façon dont l’Eglise évangélique réformée vaudoise traite ce type de signalements suscite des critiques.
mouche - Depositphotos (photo d'illustration)

Antoine S., ex-pasteur de la paroisse de la vallée de Joux, est accusé d’avoir eu un «comportement inacceptable» envers plusieurs femmes. L’affaire, relayée par Blick le 23 juillet, a été initialement mise au jour par 24 Heures, qui estime que l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), à laquelle il est affilié, a souhaité camoufler les actes d’un homme bénéficiant d’une image publique positive.

Le secret a été gardé pendant six ans, à partir de fin 2018, période à laquelle les responsables de l’EERV ont reçu plusieurs signalements au sujet du pasteur, selon 24 Heures. Plusieurs employées de l’Hôpital de la vallée de Joux, où il exerçait comme aumônier, l’accusent d’avoir eu des «gestes déplacés», ayant «durablement traumatisé» une membre de l’équipe.

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Une gestion interne problématique

Le pasteur Antoine S. avait présenté ses excuses et fait l’objet de mesures disciplinaires après une enquête interne. Ecarté de l’hôpital, il avait cependant pu poursuivre son ministère pastoral. Il avait finalement quitté ses fonctions de son propre chef en mars 2024, après de nouveaux signalements.

L’affaire a pris une autre tournure quand des responsables paroissiaux ont été encouragés, en avril 2026, à ne pas rendre publics plusieurs procès-verbaux concernant le pasteur, qui mentionnent des «attouchements». Le délai de traitement, la confidentialité des dossiers, le maintien en fonction du pasteur malgré les signalements et une communication uniquement interne plongent l’EERV dans l’embarras. L’Eglise évangélique réformée de Suisse a pourtant mis en place, en janvier 2024, une «task force» sur la question des abus sexuels dans le cadre ecclésial.

Un scandale parmi d’autres

Antoine S. était devenu une figure connue en Suisse romande après avoir pardonné Claude Dubois, condamné pour l’assassinat de sa fille Marie en 2013. Il avait aussi décrit son cheminement psychologique dans deux livres. Aucune enquête pénale n’a été ouverte, a déclaré le parquet vaudois.

Le scandale intervient alors que plusieurs dossiers du même type secouent les Eglises protestantes suisses. En octobre 2025, les Eglises réformées romandes ont licencié deux journalistes de Protestinfo qui enquêtaient sur le théologien Daniel Marguerat, accusé d’abus sexuels, rapportait Christianisme Aujourd’hui le mois suivant. Dans le canton de Neuchâtel, une pasteure a été exclue du ministère en juin dernier à cause de multiples abus spirituels et sexuels, au terme d’un débat délicat.

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