Neuchâtel: une pasteure réformée accusée d’abus multiples exclue du ministère
C’est une décision inédite dans l’histoire de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN), selon un article de Réformés.ch du 11 juin. La faîtière a décidé d’interdire à une pasteure d’exercer dans ses rangs, après une enquête interne qui a révélé de multiples abus, notamment d’emprise spirituelle et d’atteinte sexuelle.
L’affaire a éclaté après qu’une femme a contacté l’antenne de signalement mise en place par l’EREN en décembre 2025. Une autre victime présumée s’est manifestée, et l’Eglise a créé en février une commission d’enquête de quatre personnes, toutes membres de l’EREN, qui a entendu la pasteure, ainsi que les deux plaignantes.
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Un long débat, une décision douloureuse
A la suite des entretiens, le conseil synodal, organe exécutif de l’Eglise, a suspendu provisoirement la pasteure, comme le rapportait en avril Evangéliques info, citant Clémentine Miéville, responsable du service d’écoute: «A mon sens, on peut parler d’abus psychiques, physiques, financiers et spirituels.» La gravité des actes reprochés étaient jugés tels que l’EREN évoquait un «discrédit sur la dignité pastorale», conformément à l’article 194a du Règlement général. Seul le synode pouvait interdire à la pasteure d’exercer.
La décision a cependant été douloureuse à prendre lors de la session du 10 juin. Réformés.ch indique en effet que c’est au terme de plus de trois heures d’un «débat difficile et émotionnel à huis clos» que la trentaine de membres de l’assemblée ont pris à une très large majorité la décision de retirer à l’enseignante l’agrégation d’exercer: «Nous sommes une petite Eglise, nous nous connaissons tous! Ce sont des moments difficiles», ont souligné des pasteurs.
Ne pas prolonger les souffrances
Jacques Péter, l’un des sept membres du conseil synodal, estime qu’attendre encore aurait prolongé le désarroi des plaignantes «qui vivaient une situation de souffrance pas acceptable». «Les témoignages, les éléments et documents mis à notre disposition attestent clairement, si l’on se réfère au document de référence sur les questions déontologiques de l’Eglise réformée de Suisse, à un glissement vers un cas d’emprise spirituelle, d’atteinte sexuelle et de harcèlement», poursuit-il. La pasteure, par ailleurs sexologue, avait rejoint ces dernières années l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud, qui l’a finalement licenciée après l’avoir suspendue. Ces décisions sont intervenues alors que la justice doit encore se prononcer sur une plainte pour abus de détresse, harcèlement et atteinte à l’honneur.