Une Anglaise endeuillée a recouru au suicide assisté en Suisse
Wendy Duffy était plutôt en bonne santé physique, mais en dépression depuis la mort accidentelle de son fils, Marcus. Ce dernier, alors âgé de 23 ans, s’était étouffé avec une tomate devant elle. Traumatisée après avoir vainement tenté de le réanimer, elle était restée à son chevet espérant sans issue positive. Incapable de s’en remettre, la femme de 56 ans a recouru au suicide assisté en Suisse, selon un article du Daily Mail en date du 24 avril.
La mort pour 10’000 francs suisses
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Wendy Duffy avait déjà tenté de se suicider après le décès de son fils et avait confié que le suivi médical, les thérapies et les antidépresseurs ne lui étaient d’aucune aide. Elle a reçu un produit létal fourni par l’organisation Pegasos à Bâle qui dit avoir vérifié que sa capacité de discernement était complète. L’organisation, qui se décrit comme «une association à but non lucratif (…) qui pense que c’est le droit humain de tout adulte rationnel et lucide, quel que soit son état de santé, de choisir la manière et le moment de sa mort». L’opération lui a coûté autour de 10 000 livres sterling, soit autant en francs suisses.
La quinquagénaire est décédée le 24 avril, le jour même où le projet de loi visant à autoriser l’aide à mourir au Royaume-Uni a été abandonné après des mois de blocage à la chambre des Lords. Elle avait déclaré au Daily Mail vouloir ainsi attirer l’attention sur ce qui était, selon elle, une «injustice» du système actuel envers sa famille au Royaume-Uni.
Une situation autorisée depuis 1942
En Suisse, l’euthanasie active est interdite, contrairement au suicide assisté permis par l’article 115 du code pénal adopté en 1942. La loi dispose que «celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.» Ce sont des associations qui fournissent les produits létaux et s’occupent des démarches administratives. La plus connue d’entre elles est Dignitas. La fédération suisse des médecins et l’Académie Suisse des Sciences Médicales, qui encadrent la pratique, insistent sur la capacité de discernement, le désir persistant de mourir.
Selon les derniers chiffres de l’Observatoire suisse de la santé (Obsan), en date de 2023 et publiés en 2024, le taux de femmes recourant au suicide assisté est supérieur à celui des hommes, 19,6 pour 100’000 habitants contre 18, alors que les hommes se suicident davantage sans assistance (16,2 contre 5,9).