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Malgré les crises économiques, le chocolatier suisse Läderach, dirigé par des chrétiens, poursuit sa route

© Philippe Pessar - Wikimedia Commons
En Suisse, le confiseur Läderach, dirigé par des chrétiens, innove face aux tensions et crises mondiales.

Le chocolatier Läderach ouvre des filiales jusqu’aux Etats-Unis. Son directeur général Johannes Läderach explique, dans un article du Temps publié le 3 avril, comment l’entreprise s’adapte face aux crises, elle qui a déjà dû faire preuve de résilience après un scandale en 2023, en lien avec de mauvais traitements au sein de l’école évangélique fondée par le père de l’actuel dirigeant.

Le franc fort: un handicap structurel face aux crises circonstancielles

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Fondée en 1962, Läderach s’est positionné sur le segment de qualité du marché du chocolat. «Nous maîtrisons toute notre chaîne de valeur depuis la fève de cacao jusqu’au produit en magasin. Nous travaillons avec du beurre, de la crème fraîche, sans agent conservateur et ça, le client le sent et l’apprécie», explique son patron au quotidien helvétique. L’entreprise, qui valorise des convictions chrétiennes, emploie 1700 personnes dans seize pays.

Depuis quelques années, elle doit pourtant s’adapter aux crises économiques internationales. «La guerre en Iran a éclaté alors que le ramadan se terminait, ce qui est une bonne période pour le chocolat», souligne Johannes Läderach, qui note aussi l’impossibilité de surstocker le chocolat à l’avance alors que Washington a porté les droits de douane à 39%. Avec l’explosion du prix du cacao, la société Läderach ne peut plus payer ses producteurs costaricains et ghanéens 35% au-dessus du prix du marché.

Le souci fondamental de Läderach est le franc fort qui, s’il garantit une stabilité économique, limite l’inflation ou attire des capitaux étrangers, est également un facteur rigide qui réduit la marge de manœuvre face aux chocs. Elle s’adapte en proposant aussi du «premium» aux clients aisés ou en limitant la hausse des prix. «En tant qu’entreprise familiale, nous avons pu nous permettre de ne répercuter qu’une partie de la hausse des coûts car nous avons cette vision à long terme (…) Nous avons donc légèrement augmenté nos prix, mais de moins de 10%», explique le directeur général en précisant que les Etats-Unis sont actuellement son premier marché de croissance.

Séparer un savoir-faire d’un sombre héritage

Läderach avait été secoué par les révélations du média SRF en 2023 quant aux abus physiques et psychologiques sur les élèves de l’école évangélique fondée en 1995 à Kaltbrunn par Jürg Läderach, le père et prédécesseur de l’actuel directeur. Des élèves étaient frappés à coups de ceinture, selon l’enquête du média qui révélait une «théologie de la peur», une «culture de la dénonciation, de la manipulation, de la menace».

 Johannes Läderach rappelle sinon son souci de transparence: «Le documentaire se base sur une enquête que nous avions nous-mêmes diligentée.» De fait, le public a su distinguer l’école de la chocolaterie. Sur le plan personnel, l’affaire a été difficile pour lui en tant qu’ancien élève, fils puis dirigeant, et il a fallu des discussions familiales importantes, dit-il: «J’ai appris qu’on pouvait ne pas être d’accord sur des sujets mais que des parents restent toujours des parents», confie-t-il au Temps.

A lire aussi: Swiss cesse sa collaboration avec le chocolatier Läderach à cause des positions provie de son directeur

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