Aux États-Unis, l’Église méthodiste unie soutient les revendications des personnes transgenres
Le Conseil général de l’Eglise et de la société de l’Eglise méthodiste unie (UMC) a montré son soutien, dans une publication du 23 mars, à une proposition de loi visant à supprimer les interdictions concernant les chirurgies de changement de sexe à visée cosmétique pour les mineurs. Le texte, porté au niveau fédéral par des élus démocrates, est présenté comme une réponse aux «attaques» de Donald Trump contre les personnes transgenres.
«La foi en action» contre les lois «antitransgenres»
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«Les lois fédérales récentes qui protégeaient auparavant les Américains transgenres contre les crimes haineux et les violences ont été abrogées par les décrets présidentiels de Donald Trump», déclare l’évêque Julius Trimble, secrétaire général du Conseil. Le texte est publié sous la rubrique «La foi en action».
Selon l’évêque, «les jeunes transgenres [sont] régulièrement confrontées à des violences sexuelles, des violences policières, des moqueries publiques, du mégenrage» (le fait d’être désigné par un autre pronom que celui du genre duquel on se revendique, ndlr)
Julius Trimble condamne les états qui ont voté des lois «antitransgenres» qui, par exemple, restreignent l’accès «au sport, aux toilettes et à l’usage des pronoms à l’école». Il s’agit de lois interdisant par exemple aux filles transgenres (les garçons s’alignant sur le genre féminin) d’utiliser les vestiaires, douches ou toilettes des filles cisgenres, de concourir contre elles en sport ou d’exiger d’être appelé par un prénom correspondant à l’autre sexe. L’évêque réclame également l’accès aux soins transgenres, à savoir les bloqueurs de puberté, l’hormonothérapie ou la chirurgie de réassignement sexuelle.
Critiques et inquiétudes
Mark Tooley, président de l’Institute on Religion and Democracy, conteste cette position qui d’après lui, «affirme la dignité des personnes transgenres sans citer l’enseignement chrétien sur l’identité des hommes et des femmes comme don de Dieu». Il ajoute que «très peu de méthodistes unis écoutent ses conseils»: «A notre époque post-dénominationnelle, un bureau de lobby confessionnel, c’est vraiment dépassé.»
Le New York Times avait observé dès 2022 des inquiétudes médicales croissantes sur les effets à long terme des bloqueurs de puberté, avant que le ministère de la Santé étatsunien n’interdise ces traitements chez les mineurs hors essais cliniques en décembre 2024. Depuis 2019, plusieurs congrégations ont quitté l’UMC et ont rejoint l’֤Eglise méthodiste mondiale créée le 1er mai 2022. Elles dénoncent en effet les positions libérales de l’Eglise méthodiste unie sur le mariage et le ministère homosexuels.