L’élu évangélique suisse Marc Jost s’indigne des propos de Donald Trump au National Prayer Breakfast
Le National Prayer Breakfast est une tradition qui remonte à 1953 et dont «la conviction [est] qu’en s’inspirant de la vie de Jésus, des personnes d’origines et de croyances diverses peuvent s’unir, s’encourager et promouvoir le pardon et la réconciliation». Pourtant, l’édition 2026, qui s’est déroulée le 5 février, a été l’une des plus politiquement chargées et controversées de ces dernières années. L’intervention du président Donald Trump durant ce petit-déjeuner annuel a notamment fait couler beaucoup d’encre.
Une politisation de la prière
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«C’est le pire discours que j’aie entendu jusqu’ici: plein de division, de diffamation et de haine», s’est exclamé Marc Jost, du Parti évangélique Suisse, auprès de Evangelical Focus suite au rendez-vous. En effet, selon lui – qui y était présent avec son collègue de l’UDC Martin Haab -, Donald Trump a détourné cette rencontre de prière au profit de «ses propres intérêts égoïstes». Il a également déclaré ne plus vouloir assister à cette rencontre du moment que Donald Trump serait encore président des Etats-Unis.
Entre éloges et critiques, le gouffre médiatique
L’intervention de Donald Trump a suscité des réactions très contrastées. D’un côté, des médias comme Fox 7 Austin, CBN ou Evangelico Digital se sont montrés élogieux en choisissant certains sujets précis, notant que le président avait non seulement salué «le témoignage de la puissance de la foi» de moniteurs d’une colonie de vacances lors d’une inondation, mais avait aussi annoncé vouloir «re-consacrer» les Etats-Unis comme «une nation sous [l’égide de] Dieu». Mais d’autres médias se sont montrés très critiques.
En effet, The Guardian, PBS news et Evangelical Focus lui ont reproché d’avoir politisé le petit-déjeuner de prière en sa faveur, de s’être montré particulièrement insultant à l’égard de ses opposants politiques et d’avoir instrumentalisé la Bible, qu’il a citée en fin de discours, pour justifier sa politique étrangère de «paix par la force». Dans son article «The way, the Trump and the lies» («Le chemin, Trump et les mensonges»), David Smith, chef du bureau de The Guardian à Washington, fustige un président qui divise le pays en affirmant publiquement qu’il ne sait pas «comment une personne de foi peut voter pour un démocrate»… juste avant la prière de clôture du membre du Congrès démocrate Jonathan L. Jackson – fils de Jesse Jackson, décédé le 17 février.
La prière d’intercession d’un démocrate
Une prière de clôture qui a tranché avec ce qui précédait: il a demandé à Dieu que le président étatsunien soit «attentif aux pauvres» et guidé par Dieu vers «davantage de compassion». Il a également prié pour que Donald Trump ait «une plus grande lucidité, un plus grand courage et une plus grande propension à faire ce qui est juste», en concluant par une phrase d’unité qui a presque résonné comme un défi: «Nous sommes tous américains, nous sommes tous créés à l’image de Dieu.» Selon Marc Jost, cette prière était «d’autant plus extraordinaire que Donald Trump a insulté les démocrates dans son discours et insinué qu’ils n’étaient pas du tout chrétiens. Nous l’avons remercié pour son impressionnante prière.»