Au Canada, un projet de loi sur les discours haineux inquiète les chrétiens
Au Canada, un certain nombre de responsables et observateurs chrétiens s’inquiètent face à un projet de loi sur les discours haineux. En cause: la suppression possible de certaines protections juridiques qui, jusqu’à présent, permettaient de citer des textes religieux, y compris la Bible, sans risquer de poursuites pénales.
Le droit à la «bonne foi»
Publicité
Selon un article publié par Christian Today le 6 janvier, les changements proposés retireraient notamment le droit, jusqu’ici protégé par la loi, de tenir des propos «de bonne foi», c’est-à-dire sans intention de nuire, fondés «sur la croyance en un texte religieux». Concrètement, des paroles issues de la Bible ou d’autres écrits considérés comme sacrés pourraient dans certains cas être examinées par les autorités, afin de vérifier si elles ne pourraient pas être interprétées comme des incitations à la haine.
Au-delà de la suppression de ce droit, le texte, s’il venait à être adopté, faciliterait l’ouverture de poursuites judiciaires, puisqu’il ne serait plus nécessaire d’obtenir l’accord préalable du procureur général provincial pour engager ces poursuites. Le projet de loi prévoit également la prise en compte de plaintes déposées par des particuliers, ce qui resserrerait encore l’étau, tout un chacun pouvant dénoncer une parole biblique qu’il jugerait douteuse. Selon les détracteurs du texte, ces changements pourraient entraîner des procédures longues et coûteuses pour les Eglises et les pasteurs.
Un projet d’abord pensé pour protéger la communauté juive
Ces amendements, proposés par le ministre de la Justice Sean Fraser (photo) avec le soutien du parti politique social-démocrate Bloc Québécois, ont été présentés comme une mesure visant surtout à renforcer la lutte contre l’antisémitisme. Toutefois, de nombreux chrétiens redoutent que ces dispositions ne soient également utilisées contre eux, et ce notamment dans le cadre de l’enseignement ou de la prédication.
La Conférence des évêques catholiques du Canada, citée dans Christian Today, a elle aussi officiellement fait part de ses préoccupations au premier ministre canadien Mark Carney. Les évêques estiment en effet que la protection des personnes tenant des propos d’essence biblique «de bonne foi» a longtemps empêché que des croyants soient poursuivis pour «l’expression sincère et véridique de leurs croyances, exprimée sans animosité et ancrée dans des traditions religieuses de longue date».