France: le CNEF entend le malaise social, mais condamne les violences «avec la plus grande fermeté»
Dans un contexte de tensions sociales et de manifestations de lycéens et d’étudiants pour davantage de moyens dans l’éducation, mais aussi contre la vie chère et la dégradation des services publics en général, le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) s’est exprimé dans un communiqué publié le 20 octobre.
La principale faîtière des évangéliques en France se dit «profondément à l’écoute des inquiétudes, de la détresse et des souffrances qui s’expriment au sein de notre société» et estime que «ce malaise doit être entendu». «Pour autant, [le CNEF] condamne avec la plus grande fermeté des violences inacceptables. Rien ne saurait justifier le pillage, la destruction des biens d’autrui ou l’atteinte à l’intégrité physique de son prochain.»
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Malaise social: les inquiétudes «profondes» décrites par le CNEF
Le CNEF décrit un pays traversé depuis plusieurs semaines «par une détérioration du climat social». Il rappelle les inquiétudes «profondes» exprimées par les Français: «Hausse du coût de la vie, précarité croissante, dégradation des services publics de santé et d’éducation, et angoisse de la jeunesse face à son avenir». Et de poursuivre: «L’accumulation de ces tensions traduit une détresse sociale et humaine qui ne peut laisser personne indifférent.»
Le 17 octobre, lycéens, étudiants et gilets jaunes ont manifesté dans de nombreuses villes: 800’000 personnes selon les syndicats, 550’000 selon le ministère de l’Intérieur. Le CNEF revient sur les «violences d’une gravité exceptionnelle» qui ont éclaté en marge de ces rassemblements. Il affirme que «près de 3000 commerces et équipements ont été pillés ou détruits, et que de nombreuses personnes ont été blessées, du côté des manifestants comme des forces de l’ordre».
Prier pour les victimes des violences du 17 octobre
Face à ces violences, le CNEF dit tourner ses pensées et ses prières «d’abord vers les victimes»: «Les personnes blessées et leurs familles, les commerçants, artisans et salariés qui ont vu leur outil de travail dévasté, ainsi que les élus et agents publics éprouvés. Ils sont nos voisins, nos proches, et pour certains, les membres de nos Églises.» Citant Romains 12:21, «Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien», le CNEF souligne que «la paix véritable prend sa source en Jésus-Christ, et que [ses] Églises sont appelées à en être les témoins et les acteurs au cœur de la cité».
L’institution évangélique encourage ainsi l’ensemble des Églises protestantes évangéliques à prier, «lors des cultes, en groupes ou individuellement», et à «manifester une présence bienveillante et concrète auprès des personnes touchées dans leurs quartiers».
Cinq sujets de prière, cinq versets
Le CNEF propose cinq sujets de prière: pour «les victimes des violences», pour la fin de ces violences et la «paix sociale», pour la «justice sociale» et des réponses justes à la précarité et l’inquiétude des lycéens, des étudiants et «tous ceux qui sont en détresse réelle», pour les forces de l’ordre, les secours et les autorités (dirigeants, maires, élus) et enfin pour le «témoignage et la solidarité des Églises». Chaque sujet s’appuie sur un verset biblique.