Disparition d’un pasteur et de six fidèles après une descente de police en Chine
Wenzhou est connue comme la «Jérusalem chinoise», en raison d’une présence marquée de chrétiens dans la ville où ils représentent autour de 10% de la population. Les autorités y ont arrêté sept chrétiens de la Purpose Driven Church le 5 août, rapporte l’ONG ChinaAid dans un article publié deux jours plus tard. Leur sort est toujours inconnu.
Une seule Eglise chrétienne autorisée, sous contrôle
Publicité
L’information a d’abord été partagée sur X par le compte, qui a depuis disparu, de «Day of Prayer and Fasting for Persecuted Churches in China» qui a annoncé l’arrestation du pasteur David Tang, fondateur de l’Eglise, d’un administrateur financier de l’Eglise et de cinq autres collaborateurs.
Ces dernières années, les autorités de Wenzhou ont intensifié les restrictions pesant sur les communautés religieuses non enregistrées. Dans cette ville, centre actif d’activités chrétiennes, la Purpose Driven Church a été fermée de force après avoir refusé de se déclarer auprès du gouvernement ou de rejoindre le Mouvement patriotique des Trois Autonomies, d’orientation protestante, seule congrégation chrétienne validée par l’Etat. Ses membres ont cependant continué à se réunir dans une semi-clandestinité.
Les Eglises affiliées au Mouvement patriotique des Trois Autonomies voient toutefois leurs sermons, le choix de leurs pasteurs ou leurs finances contrôlées par l’Etat. De nombreuses communautés croyantes préfèrent rester sous les radars des autorités, à l’instar de la Purpose Driven Church.
Sans nouvelle des chrétiens arrêtés
Les autorités refusent de révéler les raisons de la détention et le lieu où se trouvent les chrétiens emmenés par la police. Le 27 août, Voice of the Martyrs indiquait sur son site qu’aucun contact n’avait toujours pu être établi avec les sept disparus.
Selon Bob Fu, le fondateur de ChinaAid, «la détention secrète du pasteur Tang et de ses coreligionnaires montre que le Parti communiste chinois intensifie sa campagne contre le christianisme indépendant par l’intimidation, les disparitions forcées et le détournement du droit pénal.» Le responsable de l’ONG basée au Texas observe que les autorités évitent de plus en plus de recourir à des accusations explicitement religieuses et utilisent plutôt un vocabulaire pénal ou économique pour cibler les responsables d’Eglises. «Les autorités chinoises cherchent de plus en plus à éviter les accusations politiques et religieuses», confirme Bob Fu. «Elles ont plutôt recours à des accusations telles que la fraude, les activités commerciales illégales et, plus récemment, l’accusation d’usage illégal des réseaux d’information pour réprimer les responsables d’Eglises.» Ces accusations visent à dissimuler la réalité de la persécution religieuse systématique, estime-t-il.