Service militaire: le ministre suisse de la Défense présente ses excuses aux ecclésiastiques
Depuis le 1er juin 2026, les ministres du culte ne sont plus exemptés du service militaire en Suisse, où la défense repose largement sur la conscription. La loi avait surpris, car son texte avait été élaboré sans concertation avec les parties concernées. Face au tollé, le ministre de la Défense, Martin Pfister, a présenté ses excuses dans une lettre consultée par la RTS tout en défendant l’évolution législative.
«Le Groupement défense a commis une erreur en ne vous consultant pas au sujet de la révision de la loi sur l’armée. Il aurait clairement dû le faire. Nous vous demandons pardon», écrit Martin Pfister. La méthode avait été jugée cavalière par les responsables religieux et leurs faîtières, soulignait Evangéliques.info dans un article du 8 juillet, relayant notamment les inquiétudes de l’Eglise évangélique réformée de Suisse. Son porte-parole, Stephan Jütte, avait déclaré: «La question n’est donc pas de savoir si [les ministres du culte] doivent bénéficier d’une exception générale, mais de veiller (…) à tenir compte des obligations pastorales et paroissiales incontournables.»
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Alors qu’un alinéa de l’article 18 de la précédente loi fédérale sur l’armée prévoyait une exemption du service militaire pour les ministres du culte, le changement s’est fait sans annonce officielle de ce que cela impliquait. De sa conception par le Conseil fédéral à son adoption par le Parlement le 19 décembre 2025, puis jusqu’à son entrée en vigueur le 1er juin 2026, les Eglises n’ont pas été informées de cette suppression partielle de l’alinéa.
Les évangéliques sur la réserve
Dans sa lettre, Martin Pfister promet des aménagements pour les ecclésiastiques en âge de porter les armes, ainsi que des reports de service et des dispenses, en pesant les intérêts, pour tout ministre du culte qui «dans un cas concret (…) est indispensable dans la vie civile». Il souligne que seuls de jeunes pasteurs masculins sont concernés. Fin juillet, neuf pasteurs avaient déjà été rappelés sous les drapeaux.
Les Eglises évangéliques sont les plus concernées, du fait de la jeunesse de leurs responsables. La lettre du ministre ne rassure pas Stéphane Klopfenstein, directeur du Réseau évangélique suisse: «Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution, si chaque fois qu’un pasteur a un besoin dans son Eglise, il doit demander une dispense. Ça n’est certainement pas le meilleur chemin. On souhaiterait que ce soit mis par écrit, que le Conseil fédéral fixe les exceptions», a-t-il déclaré à la RTS.
Le responsable de la faîtière évangélique suisse a également confié à Evangéliques.info qu’il appréciait que le conseiller fédéral ait admis une erreur quant à l’absence de consultation des Eglises. Se réjouissant qu’il reconnaisse «l’importance de la dimension spirituelle dans notre société», il espère que cela va «faciliter à l’avenir le contact avec les autorités pour faire entendre notre voix, notamment pour de futures consultations».