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Abus sexuels présumés: une enquête vise le théologien Daniel Marguerat

© svbalan - Depositphotos
La justice a ouvert une enquête sur des soupçons d’abus sexuels dont est accusé le théologien Daniel Marguerat. L’assemblée générale de la Conférence des Eglises réformées romandes (CER) prend des mesures conservatoires à son encontre.
Ahmed T.

Le Ministère public vaudois a confirmé l’ouverture d’une enquête sur des soupçons d’abus sexuels commis dans les années 1990 par Daniel Marguerat, professeur émérite de théologie protestante de l’université de Lausanne (UNIL). Le bibliste reconnu, auteur de best-sellers sur Jésus et Paul, avait été identifié comme l’auteur présumé des faits dans un article du Cri le 29 avril. Il n’est cependant «pas exclu que ces actes soient aujourd’hui prescrits», précise cependant la RTS dans une publication du 19 juin car, selon le code pénal suisse, les auteurs d’abus à caractère sexuel ne sont plus nécessairement susceptibles d’être poursuivis après 10 ou 15 ans, cela dit en fonction de la gravité desdits actes.

Le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) a sollicité la justice suite à un signalement en février 2026. En décembre 2025, une collaboratrice actuelle de l’EERV, ancienne étudiante en théologie, a rapporté «des faits et transmis les coordonnées d’une victime prête à témoigner», selon la porte-parole de la faîtière Carole Delamuraz, interrogée par la RTS.

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Plus de collaboration ni de sollicitations

L’assemblée générale de la Conférence des Eglises réformées romandes (CER) réunie le 22 juin à Crêt-Bérard a pris des mesures conservatoires à l’encontre de Daniel Marguerat, a informé Protestinfo ce 23 juin. Ainsi, tant que les faits n’auront pas été clarifiés par les instances compétentes, les Eglises membres de la CER demandent à leurs paroisses, à leurs services et leurs institutions de ne pas solliciter, ni «de […] poursuivre aucune collaboration publique ou institutionnelle» avec Daniel Marguerat. Ces Eglises demandent en outre au théologien – toujours à titre conservatoire – de renoncer lui-même à toute collaboration liée à son statut pastoral ou professoral dans le cadre des activités des Eglises membres de la Conférence.

Des soupçons qui datent

En juillet 2024 déjà, une enquête de l’agence Protestinfo relayée dans les colonnes du Temps révélait qu’«un professeur de la faculté de théologie de l’université de Lausanne, connu pour ses ouvrages de vulgarisation», avait présumément commis des «violences sexuelles» sur des étudiantes à l’époque où il était enseignant. Fin 2025, une enquête autour de cette affaire menée par les journalistes Anne-Sylvie Sprenger et Lucas Vuilleumier, de Protestinfo, avait selon ces derniers mené à leur licenciement avant l’aboutissement de leurs travaux.

Le professeur Daniel Marguerat a toujours opposé un démenti catégorique aux accusations dont il fait l’objet, dénonçant des «rumeurs» et invoquant la présomption d’innocence, a indiqué 20 Minutes fin avril. 

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