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Inde: deux nouveaux pasteurs baptistes assassinés au Manipur

© Lalminthang Vaiphei - Wikimedia Commons / Les six victimes ont été enlevées dans le village de Leilon Vaiphei, le 13 mai
Six corps ont été retrouvés le 10 juin dans l’état du Manipur, dont ceux de deux pasteurs baptistes de l’ethnie Naga. Ces meurtres apparaissent comme des représailles directes après l'assassinat de trois pasteurs issus d'une autre ethnie.
Ahmed T.

Les corps de six personnes issues de l’ethnie Naga, enlevées le 13 mai dans l’Etat du Manipur, dans le nord-est de l’Inde, ont été retrouvés le 10 juin. Parmi ces civils figurent deux pasteurs baptistes: Manu Thiumai, responsable respecté d’une communauté baptiste, et Kenpibou, lui aussi responsable d’une communauté baptiste locale, informe l’Agence Fides.

Selon des sources locales, ces meurtres constitueraient une mesure de représailles suite à l’assassinat de trois pasteurs baptistes de l’ethnie Kuki, événement rapporté par Evangéliques.info en mai. Cette attaque-là est attribuée à des milices nagas. Les Nagas et les Kukis forment deux peuples qui, bien que férocement ennemis, se réclament majoritairement l’un comme l’autre du christianisme.

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Les dirigeants nagas rejettent désormais les accords de cessez-le-feu avec les groupes kukis et demandent aux autorités de procéder immédiatement à l’arrestation des responsables du massacre. Le Naga Peoples Movement for Human Rights (Mouvement populaire naga pour les droits humains) a condamné l’assassinat de ces six otages, perpétré selon des méthodes qualifiées d’«extrêmement brutales» entrant dans un processus de «crime contre l’humanité», un «acte barbare», cite Entrevue. Un conflit entre les deux peuples avait fait plus de 1000 morts dans les années 1990.

Les chrétiens appellent au dialogue, persistent et signent

L’instabilité et l’insécurité règnent dans l’état du Manipur, instabilité accrue depuis mai 2023 puisqu’une situation de quasi-guerre civile s’est installée entre les communautés Kuki, Naga, mais aussi Meitei (à majorité hindoue). L’archevêque catholique d’Imphal, Linus Neli, a lancé un appel à toutes les communautés du Manipur pour «le dialogue, la réconciliation et la protection des vies des civils innocents dans un contexte de violences incessantes». Il a invité les trois groupes ethniques «à s’unir pour soutenir un pacte de paix inclusif et durable», relaye l’Agence Fides.

De son côté, l’Alliance évangélique indienne (EFI) a exprimé sa profonde tristesse face à la tragédie. «En ce moment douloureux, l’EFI appelle toutes les communautés, dirigeants, organisations et citoyens à faire preuve de retenue. Le deuil ne doit pas laisser place aux représailles, à la haine ou à des violences supplémentaires», a-t-elle déclaré dans un communiqué du 10 juin.

L’organisation avait publié un premier communiqué avant la confirmation des assassinats, dans lequel elle se disait «profondément préoccupée par le sort des six civils nagas qui [n’avaient] pas encore retrouvé leurs familles», tout en se réjouissant de la libération de quatorze civils Kukis au Manipur le 9 juin.

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