Ebola en RDC: le «patient zéro» serait peut-être un pasteur décédé en février
Des chercheurs congolais en épidémiologie ont mené des travaux pour tenter d’identifier le «patient zéro», la première personne atteinte par le variant Bundibugyo du virus Ebola qui sévit dans la province d’Ituri depuis le printemps, a informé TV5 Monde Info le 12 juin. Le pasteur Paluku Makundi Denis, décédé le 3 février à l’âge de 44 ans dans la ville de Mongbwalu, dans la même province, serait peut-être cette personne.
A l’arrivée du corps du défunt, le 4 février, dans sa ville natale, le cercueil était fendu à cause des conditions de transport: état de la route, personnes assises sur le cercueil… La dépouille a ensuite été transférée dans un autre, ayant été directement manipulée par des habitants avant d’être enterrée le même jour.
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Superstitions et accusations
Le premier cercueil fissuré a été incendié, ce qui a été considéré comme un «affront aux ancêtres» par le chef de la communauté. Quelques jours après l’enterrement du pasteur, les premiers malades ont été repérés, selon le maire de Mongbwalu, Sesereki Mandro Israel. Près de cinquante personnes sont «décédées au sein de la communauté» deux semaines plus tard, a-t-il ajouté. «Pour certains, il ne s’agit pas d’un simple hasard, mais d’une malédiction déclenchée par le fait d’avoir brûlé le cercueil endommagé».
La famille du pasteur a alors été accusée d’être responsable de l’épidémie par des habitants de Mongbwalu. «Ils ont vandalisé le cercueil de mon fils et ils me blâment pour les morts qui ont suivi (…). Pourtant c’est moi la victime, c’est bien le cercueil de mon fils qui a été profané», déplore le père du défunt dans une publication de Reuters.
Le vrai «patient zéro»?
«La maladie avait déjà commencé mais les gens ont pensé que c’était à cause du cercueil», a affirmé Edmond Kambale, président de la communauté Nande et habitant de Mongbwalu. En République démocratique du Congo, les rites d’entrée dans le deuil consistent traditionnellement à toucher le corps des personnes décédées. «On ne sait pas si cette tradition a été respectée dans ce cas-ci», rapporte l’Agence Reuters qui a enquêté sur place.
Les épidémiologistes estiment que le virus aurait pu circuler dans la région depuis 4 à 6 mois «avant la confirmation officielle de l’épidémie par les autorités congolaises, le 15 mai». Un rapport de l’Autorité sanitaire de l’Ituri fait état d’au moins «108 décès potentiellement attribuables à Ebola, survenus à Mongbwalu entre avril et mai», indique la même source.
Au moins 100 personnes sont décédées des suites du virus Ebola en République démocratique du Congo, moins d’un mois après que les autorités aient signalé l’épidémie dans l’est du pays. S’ajoutent à cette crise sanitaire des agressions contre les professionnels de la santé par des habitants en colère, le scepticisme de certains locaux et les conflits armés dans les zones sensibles qui continuent de compliquer les efforts visant à endiguer la maladie, indiquait le journal Le Devoir le 9 juin.
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