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À Strasbourg, luthériens et juifs célèbrent 50 ans de dialogue

© Claude Truong-Ngoc – Wikimedia Commons / Strasbourg, vue aérienne
La Commission européenne «Eglise et Judaïsme» de la Fédération luthérienne mondiale fête ces jours-ci ses 50 ans, à Strasbourg. L’occasion de revenir sur un demi-siècle de dialogue judéo-chrétien.

Nombre d’Eglises luthériennes d’Europe collaborent avec leurs partenaires juifs, tel que le Comité juif international pour les consultations interreligieuses contre l’antisémitisme, dans le monde entier. Du 28 mai au 2 juin, la Commission européenne «Eglise et Judaïsme» de la Fédération luthérienne mondiale célèbre le cinquantième anniversaire de sa fondation à Strasbourg, informe l’Union des Eglises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) sur son site.

Venus de toute l’Europe, vingt-deux délégués d’Eglises luthériennes, ainsi que des délégués d’organisations juives, ont dressé un bilan sur cinquante années de mission, s’interrogeant sur l’originalité, en matière de dialogue judéo-chrétien, de la Commission. Elle a été fondée en mars 1976 à Christiansfeld au Danemark et s’est élargie aux pays d’Europe centrale et orientale après la chute du Mur de Berlin.

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Dialoguer en vérité

La Commission a été mise sur pied en raison du «rôle important des Eglises dans le rétablissement d’un dialogue, que je qualifie de « en vérité », c’est-à-dire un dialogue qui met en avant une lutte contre l’antisémitisme et l’antijudaïsme, ou peut-être d’abord l’antijudaïsme», expliquait au micro de RCF, le 27 mai, Evelyne Will-Muller, vice-présidente de l’Amitié judéo-chrétienne et déléguée de l’UEPAL. Elle précise que «tous les communiqués qui sont faits, les études qui ont été menées ont toujours à la fois cet élément théologique et biblique comme fondement».

Les porte-parole se penchent notamment sur l’oubli des souffrances des Juifs, déjà objet de réflexion lors d’une rencontre en 2025 à Gênes, en Italie. Evelyne Will-Muller détaille: «Dans une histoire complexe, la souffrance des uns efface celle des autres: certaines positions vont mettre en avant un soutien fort (par exemple à la Palestine). On va mettre l’accent, y compris dans des communiqués, sur les souffrances réelles (des Palestiniens), mais en ne prenant pas du tout en compte des souffrances que vivent aussi des juifs.»

Un examen commun des sujets éthiques

La Commission propose également un travail biblique sur le Nouveau Testament, mais aussi un travail sur comment parler de l’autre, en développant une capacité d’écoute de l’autre dans sa différence. Ensemble, luthériens et juifs réfléchissent aussi sur des questions éthiques, comme en 2023 à Leipzig, en Allemagne, sur la fin de vie. Parmi les temps forts de la rencontre, certains étaient ouverts au public, comme le culte au Temple-Neuf le 31 mai où la prédication a été assurée par la pasteure Petra Magne de la Croix et le rabbin Alexander Grodensky.

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