Un évangélique harcelé par son propre parti remporte son procès au Royaume-Uni
David Campanale, homme politique et chrétien évangélique appartenant aux Libéraux-Démocrates, troisième parti le plus important au parlement du Royaume-Uni, a remporté un procès après avoir subi du «harcèlement» de la part de la branche londonienne du parti. Il a été reconnu comme victime de discrimination à cause de ses convictions religieuses et de ses positions notamment sur l’avortement et le suicide assisté. Il devrait recevoir plus de 250’000 £ (environ 290’000 € ou 265’000 CHF) de dommages-intérêts et frais de justice, a rapporté Evangelical Focus le 5 mai.
Trois groupes politiques libéraux-démocrates ont admis l’entière responsabilité pour la discrimination répétée contre David Campanale, a rapporté Christian Post le 2 mai. Ce dernier avait dirigé les Libéraux-Démocrates dans sa circonscription de Londres mais avait aussi été journaliste de la BBC. D’autres membres du parti et des militants locaux, jugeant ses opinions inacceptables, ont organisé une campagne pour le faire «désélectionner». Cela comprenait des moqueries lors des réunions du parti, du harcèlement dans les espaces publics et des questions constantes sur sa foi, rapporte encore Evangelical Focus.
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Quatre ans de bataille juridique
S’appuyant sur l’argument que son parti avait enfreint la loi de 2010 qui interdit la discrimination fondée sur des motifs religieux, l’homme politique avait porté son affaire devant les tribunaux. Le juge Alan Johns, siégeant aux Royal Courts of Justice de Londres, a statué qu’il y avait eu «discrimination directe et indirecte, victimisation et rupture de contrat».
Membre actif de l’Eglise anglicane évangélique, l’homme politique avait à plusieurs reprises exprimé ouvertement ses positions pro-vie et contre l’euthanasie. Face aux attaques virulentes après son élection comme chef des Lib Dems à Sutton et Cheam (Londres) quelques années plus tôt, il avait déclaré: «Les attaques politiques, lorsqu’elles sont de nature politique, font partie des aléas de la vie politique dans notre pays… cela n’a rien de surprenant. Ce qui est inacceptable, c’est le harcèlement à caractère religieux», rapporte Evangelical Focus.
«Je ne sacrifierai pas ma conscience»
Alors qu’on lui indiquait, à plusieurs reprises, quand il était à la tête du parti local, que les Lib Dems n’étaient plus un parti pour chrétiens, David Campanale avait mis en avant ses positions chrétiennes aux membres de son parti: «Vous pouvez m’offrir tout ce que vous voulez, mais je ne sacrifierai ni n’échangerai ma conscience contre quoi que ce soit au monde», avait-il déclaré après avoir déposé des plaintes alors restées sans suite, a ajouté la même source.
L’affaire de David Campanale n’est pas un cas isolé au Royaume-Uni. Tim Farron, également chrétien évangélique et ex-chef du parti libéral démocrate, déclarait en 2017 avoir subi un harcèlement de la part de ses collègues et de la presse à cause de ses convictions religieuses. Il avait démissionné de son poste car, selon lui, «rester fidèle à l’enseignement biblique [lui] a semblé impossible», a encore précisé Evangelical Focus.