Un parfumeur a tenté de reconstituer le bouquet de senteurs du Cantiques des cantiques
«Je cueille ma myrrhe avec mes aromates», dit l’amoureux dans le Cantique des cantiques (5, 1). Le parfumeur franco-libanais Alexandre Helwani a cherché à reconstituer la fragrance à partir des plantes récoltées par «le bien-aimé» pour «la Sulamite» dans le livre sapiental. C’est sous le nom de «Pardes» que le parfum est maintenant disponible en précommande, observe t-on sur le site ICONOFLY.
Elaborer un parfum «encodé il y a 3 000 ans» dans le célèbre poème nuptial de la Bible au langage sensoriel évocateur a été un défi pour Alexande Helwani, dont le projet s’inscrit dans une démarche artistique, culturelle et spirituelle. Car, pour les traditions juive et chrétienne, le Cantique des cantiques est aussi un livre symbolique parlant de la relation entre Dieu et son peuple.
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A la demande de moines et en collaboration avec un rabbin
C’est à l’appel de moines dominicains qui cherchaient à décoder le secret du parfum qu’à répondu Alexandre Helwani en se lançant dans cette quête. Il s’est rendu à Jérusalem pour étudier les parfums de la Bible, «entamant ainsi une quête de deux ans pour découvrir une formule restée cachée et inédite pendant trois mille ans».
Le parfumeur a collaboré avec Marc-Alain Ouaknin, rabbin et expert en herméneutique hébraïque, pour établir l’équation permettant de percer le code du poème, via l’attribution d’une valeur numérique aux lettres, révélant des indications précises pour composer le parfum: «En appliquant cette équation à chaque plante du Cantique des Cantiques, j’obtenais toujours des indications très précises, comme « utiliser la variété rouge » ou « diviser cette matière par dix »», explique-t-il.
Trouver les matériaux rares
Alexandre Helwani a également dû se procurer des matériaux rares comme le baume mythique de Galaad. Un distillateur lui a fourni de la résine de Commiphora gileadensis, qui n’a pas été récoltée depuis des millénaires et qui, selon les érudits, est le fameux baume. Il fallait aussi trouver la «rose de Saron». Néanmoins, le mot hébreu «havatzelet» ne désigne pas une rose mais une plante cultivée dans la région de Saron, à l’est du Jourdain, à l’époque de la rédaction du livre. «L’havatzelet a donné toute sa dimension au parfum», assure-t-il.
Tribune chrétienne rappelle que ce livre «n’est pas un traité technique»: «Il ne fournit ni proportions, ni procédés précis de fabrication.» Cette démarche peut être comprise comme une tentative contemporaine d’entrer dans cet univers par les sens, juge le média catholique.