L’Église évangélique réformée vaudoise crée une fondation pour lutter contre les abus
Depuis février 2026, les personnes concernées par des abus sexuels ou spirituels au sein de L’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) peuvent saisir la «Fondation pour la prévention, la protection et la lutte contre les abus». Cette instance est toutefois indépendante de la congrégation en elle-même, précise Cath.ch. L’EERV disposait déjà depuis 2021 d’un «Groupe d’experts pour la prévention et la protection des abus», mais il se limitait à écouter et accompagner des victimes. La Fondation, aux compétences plus élargies, peut instruire des cas, établir des conclusions et recommander des mesures.
La Fondation a été créée alors que l’organisation faîtière nationale, l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS), a alloué en novembre 2025 un crédit de 250’000 francs suisses afin de mener une étude sur les abus commis dans ses rangs. L’objectif est de déceler les conditions structurelles interne à l’EERS favorisant ces abus. Les résultats de cette étude devraient être présentés fin 2027.
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Collaboration avec la justice
Signe du sérieux avec lequel sont considérés les abus, le président de l’instance est un ancien juge cantonal, Jean-François Meylan. Il souligne auprès de Cath.ch que le nouveau service dénoncera les infractions pénales au ministère public, même sans l’accord des victimes, et en informera l’Eglise. Dans les autres cas, les personnes seront orientées vers la cellule d’écoute ou vers la cellule d’instruction de la Fondation, selon leur souhait.
Après toute enquête, les conclusions seront transmises au Conseil synodal de l’EERV, en recommandant éventuellement une résiliation de contrat de l’abuseur ou une indemnisation. En quatre ans, le Groupe d’experts a été saisi à dix-sept reprises, et trois des signalements concernaient des abus sexuels.
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