Quatre ans de guerre en Ukraine: le mouvement international de prière pour une paix juste
Quatre ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, plusieurs organisations chrétiennes ont tenu à manifester leur solidarité avec le peuple ukrainien. Le pasteur Jerry Pillay, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), a déclaré que «la communauté fraternelle mondiale priait dans l’espoir que le dialogue se poursuive, que toutes les parties échangent de bonne foi et que la violence cesse». Le communiqué de la faîtière indique que le COE souhaite «une paix juste et durable», afin de faire cesser les souffrances de la population qui de plus pâtit, actuellement, de coupures d’électricité alors que l’hiver est particulièrement rude.
L’Ouest prie pour l’Est
Publicité
L’Alliance évangélique européenne et la Conférence des Eglises européennes (CEC) ont également publié des appels à la paix. La première invite les chrétiens à persévérer dans la prière pour le peuple ukrainien et en particulier pour ceux «qui tiennent l’avenir de l’Ukraine entre leurs mains», «qu’ils agissent avec humilité et sagesse, pleinement conscients de la profonde souffrance causée par cette guerre. Qu’ils soient déterminés à assurer une paix juste et durable, qui permette la reconstruction, la réunification des familles et la guérison à long terme du traumatisme.»
La CEC, pour sa part, a aussi réaffirmé sa solidarité avec le peuple ukrainien. Depuis son siège à Bruxelles, l’organisation interdénominationnelle a en effet, à nouveau, fermement condamné une «guerre idéologique» qui prône l’idée du «monde russe». Elle a également rappelé l’existence de son initiative Pathways to Peace («Les Chemins vers la Paix»), «qui rassemble les Eglises européennes pour soutenir le dialogue, la réconciliation et des réponses chrétiennes coordonnées face à la guerre».
Les responsables politiques et religieux dans l’unité
Dans plusieurs régions du pays, des chrétiens se sont unis dans la prière. Selon les informations relayées par le gouvernement du pays, dans l’oblast du Donetsk qui connaît la guerre depuis l’invasion de la Crimée en 2014, «ces jours-ci sont devenus une période de réflexion profonde» pour la jeunesse, qui vit à la fois des conversions avec des aumôniers en même temps qu’elle étudie des cours sur la résistance.
A la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, des responsables européens dont Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Alexander Stubb, président de la Finlande, ont participé à une célébration religieuse en compagnie du président ukrainien Volodymyr Zelensky. D’autres responsables politiques, surtout du nord-est du continent, étaient aussi présents. Une cérémonie qui a uni des responsables chrétiens (évangéliques, réformés, orthodoxes, catholiques), musulmans et juifs dans la prière «pour une paix digne» en Ukraine.
Un bilan qui s’alourdit toujours dans une situation bloquée
Le conflit est aujourd’hui l’un des plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale, causant des dizaines de milliers de morts de civils et des millions de déplacés, avec de nombreux quartiers urbains détruits par les combats. Du côté des pertes militaires, les chiffres sont astronomiques, certaines sources évoquant près d’un demi-million de morts des deux côtés et un million de blessés.
Malgré plusieurs tentatives de pourparlers, la plus récente ayant eu lieu à Genève le 18 février, aucun cessez-le-feu durable n’a été conclu. Lors de la commémoration du début de l’invasion russe, Volodymyr Zelensky a encouragé ses compatriotes: «Vladimir Poutine n’a pas atteint ses objectifs. Il n’a pas brisé les Ukrainiens. Il n’a pas gagné cette guerre. Nous avons préservé l’Ukraine et nous ferons tout pour parvenir à la paix et garantir la justice.»