La Cour européenne des droits de l'Homme. © CC0

Autriche: La CEDH condamne un avis trop critique sur Mahomet

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), dans un jugement rendu la semaine dernière, a condamné une Autrichienne pour avoir "dénigré" le prophète Mahomet.

Le "délit" s'est déroulé fin 2009: dans le cadre de séminaires donnés sur l'islam, l'accusée a évoqué le mariage de Mahomet avec Aïcha, âgée alors de six ans. "Un homme de cinquante-six ans, avec une fillette de six ans. De quoi s'agit-il si ce n'est de pédophilie?" aurait-elle déclaré. Résultat: l'Autrichienne se fait condamner par le tribunal de Vienne en février 2011 pour "dénigrement de doctrine religieuse", en ayant insinué que Mahomet avait des tendances pédophiles.

Les tribunaux nationaux confirmant l'accusation, l'affaire s'est retrouvée devant la CEDH... qui confirme les deux précédents jugements. L'accusée a soutenu que ses paroles s'inscrivaient dans le cadre d'un débat objectif, et qu'à aucun moment elle n'avait voulu diffamer le prophète de l'Islam. Elle a également insisté sur le fait que les groupes religieux devraient tolérer les critiques à l'égard de leurs croyances.

Mais dans cette affaire, la CEDH a jugé que les propos avaient outrepassé les limites d'un rejet critique et incité à l'intolérance religieuse. Un Etat peut donc légitimement considérer des propos comme incompatibles avec le respect de la liberté de pensée, de conscience et de religion, et d'expression.

Dans le média indépendant Le Devoir , le professeur de droit Pierre Trudel, dans une chronique, relève le risque que "le seul fait qu’il puisse exister des adeptes ayant une forte allergie aux critiques de leurs croyances ... suffise pour justifier la condamnation de propos critiques à l’égard des religions."

La rédaction d'Evangéliques.info - 30 octobre 2018 10:57

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