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Suisse: Dieu de droite, Jésus de gauche?

Les conseillers nationaux Ada Marra (socialiste et catholique), Laurent Wehrli (libéral-radical et évangélique) et l'ancien député Jacques-André Haury (Vert libéral et réformé) sont tombés d'accord. Lors d'un débat organisé par l'Eglise évangélique la Fraternelle de Nyon, le 7 septembre, ils ont reconnu -avec des nuances- que Dieu incarne plutôt la loi, l'ordre (et donc la droite) et Jésus plutôt l'attention pour le déshérité (et donc la gauche).

Chrétiens politiciens ou politiciens chrétiens? Là aussi, les trois politiciens ont confessé qu'ils étaient d'abord chrétiens et ensuite politiciens. Jacques-André Haury a rappelé que c'est le protestant qu'il était, pétri de culture calviniste et du sens de la responsabilité personnelle qui a incité son engagement politique. Si la socialiste pense elle aussi que sa foi a dicté son engagement politique, elle s'est positionnée clairement pour une séparation du religieux et du politique. «Au début, je prêtais serment (ndlr. un rite teinté de référence religieuse) au début de mes mandats. Aujourd'hui, je ne le fais plus par soucis de cohérence». Laurent Wehrli n'aime pas non plus le mélange des genres. «A l'Eglise je ne fais pas de discours politique, en politique je ne prêche pas», a-t-il indiqué.

Lorsque Christian Willi, rédacteur en chef du Christianisme Aujourd'hui leur a demandé comment les chrétiens qu'ils étaient réagissaient lorsque l'enseignement du fait religieux à l'école était remis en question, ou sur des questions de moralité ou d'éthique personnelle, Jacques-André Haury a appelé de ses voeux des chrétiens qui affichent davantage leurs convictions pour défendre leurs positions ou des projets politiques. Ils ont tour à tour montré, avec authenticité, leurs convictions, mais aussi leurs questionnements, face à des questions sensibles et parfois difficiles.

La rédaction d'Evangeliques.info - 08 septembre 2017 09:42

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