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Les autorités de santé néerlandaises jugent valide l’euthanasie d’un bébé de moins de deux ans

Les autorités néerlandaises ont récemment confirmé qu'un bébé d'à peine deux ans avait été euthanasié. La décision divise le corps médical des Pays-Bas et fait réagir les évangéliques du pays.
WNL - Wikimedia Commons / La ministre de la Santé néerlandaise Sophie Hermans a confirmé le premier cas d’euthanasie sur un bébé de moins de deux ans à l’été 2026

Depuis février 2024, les Pays-Bas autorisent l’euthanasie des enfants de un à douze ans. La ministre de la Santé Sophie Hermans (photo) a confirmé cet été le premier cas dans une lettre à la Chambre des représentants, concernant un bébé âgé de moins de deux ans. La commission d’évaluation nommée par le gouvernement pour superviser ce type de cas a estimé que le médecin avait pratiqué l’euthanasie «avec la rigueur requise», rapporte Evangelical Focus dans un article du 22 septembre. Selon le rapport de la commission publié début septembre, l’enfant, né prématurément vers la fin du sixième mois de grossesse, présentait des lésions au niveau du cerveau. Une paralysie cérébrale ainsi qu’un syndrome de spasmes épileptiques infantiles avaient été diagnostiqués.

Les autorités indiquent également que l’enfant souffrait d’épilepsie résistante aux traitements, de difficultés respiratoires et de déglutition. Son développement cérébral, au moment où la décision finale a été prise, équivalait à celui d’un nourrisson de six semaines. Il a été conclu par les parents et un médecin qu’«il n’y aurait aucune amélioration» de ses capacités motrices, ni de son comportement ou de sa personnalité, et qu’il n’atteindrait pas l’âge adulte. «L’enfant souffrait de manière insupportable et sans perspective de soulagement.»

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Plusieurs avis médicaux divergents

Un premier médecin s’est déclaré favorable à l’euthanasie demandée par les parents. Cependant, la loi impose l’avis d’au moins un médecin indépendant. Ils ont ensuite sollicité plusieurs spécialistes qui ont reconnu un inconfort important lié à l’épilepsie, sans toutefois constater de souffrance excessive et continuelle, estimant que «des solutions alternatives raisonnables existaient, telles que des options palliatives et des alternatives pharmacologiques susceptibles (…) de conduire à un meilleur contrôle des crises». Les parents, ayant refusé les soins palliatifs, se sont alors tournés vers un troisième médecin, qui a pour sa part jugé qu’une euthanasie était justifiée.

Les évangéliques plaident pour les soins palliatifs et un meilleur accompagnement

En juillet, MissieNederland, organisation faîtière des évangéliques néerlandais, a déclaré par la voix de Saskia de Graaf-Bakker, responsable des affaires publiques: «En tant que chrétiens, nous croyons que des situations comme celle-ci appellent à la compassion envers les familles qui se retrouvent dans de telles circonstances tragiques», relaye Christian Daily International. L’organisation appelle «à la prière pour les parents et proches de l’enfant, ainsi que pour tous les parents et médecins confrontés à de telles décisions déchirantes». Elle dit soutenir fermement «des soins palliatifs avancés et de haute qualité qui cherchent à soulager la souffrance autant que possible (…) pour soutenir les parents afin qu’ils accompagnent leur enfant gravement malade avec dignité et compassion, sans se sentir obligés de choisir une fin de vie».

Dès 2022, le Breed Beraad, une plateforme d’Églises protestantes représentant environ 500’000 membres, avait écrit à la Chambre des représentants en soulignant que, «bien que des maladies graves et mortelles puissent entraîner des situations complexes et pénibles, les enfants ne peuvent pas faire un choix indépendant face à la fin active de leur vie». Les signataires pointaient aussi le risque d’extension de l’euthanasie aux personnes handicapées ou atteintes de démence sévère.

Les étapes de validation du processus

Aux Pays-Bas en cas d’euthanasie, le médecin qui procède à l’intervention est tenu de suivre un protocole strict. Une commission d’évaluation vérifie par après s’il a «agi avec la rigueur requise», détaille une publication officielle du gouvernement. Il revient ensuite au ministère public de déterminer, sur la base du rapport qui lui est transmis, si le médecin a respecté la loi, ce qui a été le cas ici.

En lien avec cet article: Euthanasie: «L’exemple des Pays-Bas doit servir à une prise de conscience de ce qui peut arriver en France»

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